Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

Discussions et réactions


Suite au reportage, de nombreuses entrevues eurent lieu entre le fondateur du CERPI et ses divers collaborateurs, afin d'envisager "l'après". Mais une question était sur toutes les lèvres, qui témoignait d'ailleurs de l'impact qu'avait eu l'émission de télévision :

"Après un coup pareil, M. Vanbockestal, est-il encore vraiment nécessaire de poursuivre l'enquête sur Arc-Wattripont ?"

" Oui ! Bien sûr ! Et il ne s'agit pas seulement de sauver la face ou de se faire réhabiliter, ce qui n'est déjà pas peu de choses, selon moi il y a bien autre chose derrière tout cela. Quoi exactement, ce sera à nous de le déterminer, mais j'en suis persuadé !

" Vous devez toutefois vous rendre compte qu'il va falloir plus qu'une simple conviction personnelle pour renverser la tendance ! Les arguments qui ont été présentés à l'écran sont "très forts". J'ai envie de dire : "trop forts". Pensez-vous réellement que toute l'affaire d'Arc-Wattripont ne soit pas qu'une simple supercherie ? "

" Ah ! Ne venez pas me dire que, comme des milliers de téléspectateurs ou d'Internautes, rien ne vous a paru bizarre dans cette émission ? Et que vous avez tout gobé sans sourciller ?

" Ma foi, si on en reprend l'articulation, les témoignages, les contradictions, les arguments, etc. il me semble que..."

" Mais "Crébonsang" ! Vous êtes enquêteur du CERPI, vous ? Alors, il vous faudra revoir vos classiques ! Voyons donc cela ensemble, tout de suite ! Nous allons éplucher le reportage en question. Vous allez voir ce qu'il en subsistera ! Allons-y !"

Selon le journaliste, "rien d'anormal ne se serait jamais passé à Arc-Wattripont" (dans la maison "hantée")
Si cette conclusion vous paraît plausible en regard des autres arguments, il faut alors considérer que le 5 janvier 1993, vers 22h30, Roger D. téléphone aux services de secours "pour rien". Pour passer son temps. Peut-être a-t-il besoin de compagnie et sa famille nombreuse ne lui suffit-elle pas.

Donc, il téléphone "pour rien", mais la gendarmerie nationale constate que sa maison est dévastée, au rez-de-chaussée et à l'étage. Des meubles sont culbutés, des bibelots sont fracassés, un double vitrage a explosé, tout se met à trembler de manière "terrible" au point qu'un gendarme fait sortir tout le monde et reculer le combi barré de rouge. Tout ça, ce n'est "rien", c'est parfaitement normal. Cela arrive chez tout le monde tous les jours... Ou plutôt, supposons donc que tout cela ne soit jamais arrivé. Les propriétaires ont cru que leur maison était sans dessus dessous, mais ce n'était qu'une illusion. Tout le monde peut se tromper, non ? Et, de fait, les gendarmes venus sur place ont eux aussi eu la berlue, ou bien ont-ils tout inventé, parce qu'ils avaient envie que l'on parle d'eux. Les policiers, pareil... Mais évidemment, tout cela ne signifie pas non plus ipso facto que les choses relèvent de l'inexpliqué.


Roger a appelé les services de secours "pour rien", mais personne n'a jamais parlé d'appel intempestif, ni alors, ni après, ni maintenant.

Ce vieux routier retraité a appelé la gendarmerie "pour rien" et donc, conclusion "logique", des renforts ont été envoyés ! Sans doute pour former une équipe de foot parce que les pandores se sont tout de même retrouvés à Arc-Wattripont à une douzaine au bas mot. J'aimerais que l'on m'explique ce type de "logique"...

Donc, il ne s'est rien passé d'anormal dans cette maison d'Arc-Wattripont, mais il a fallu à tout ce beau monde environ 48 heures pour s'en apercevoir ! Waw ! De fameux enquêteurs, je vous le dis !

C'est aussi parce qu'il ne s'est jamais rien passé dans la maison réputée hantée que des gendarmes ont voulu filmer les événements. C'est-à-dire que, en fait, ils ont voulu filmer "rien", afin que leur hiérarchie croie enfin que... rien ne s'était passé ! C'est très cohérent, brâââvo !

Puisqu'il n'y avait "rien" sur cette cassette, il est tout "logique" qu'elle ait été saisie par le Parquet du Procureur du Roi. C'est aussi tout naturellement parce que, dès le départ, on savait que rien ne se passait là que les autorités s'opposaient à toute médiatisation. Sage précaution, en effet, s'il n'y a rien à transmettre, les médias n'auraient rien eu à y faire...
Seulement voilà, les médias sont venus quand même et, apparemment, ils n'ont pas trouvé qu'il ne s'était rien passé là-bas ! Une émission de CNN aurait même été interrompue afin de relayer l'information : "Il ne se passe rien à Arc-Wattripont !" Vous voyez le topo ?

C'est par crainte du ridicule que le Parquet s'oppose à toute visualisation de la cassette vidéo. Par crainte du ridicule ? Parce que des images noires ou brouillées seraient ridicules ? Depuis quand une vidéo ne montrant rien aurait-elle quoi que ce soit de ridicule ? Surtout, si les autorités désiraient que le calme revienne parce qu'il était trop question de phénomènes bizarres (ce qui, à ce moment, n'est plus vraiment "rien" !) dans l'esprit des gens, plutôt inquiets, quel mal y avait-il alors à montrer qu'il n'y avait "rien" ? Cela aurait été une erreur stratégique, un contresens !

S'il n'y avait rien sur la cassette des gendarmes, pourquoi le procureur du Roi aurait-il imposé aux rares privilégiés qui en avaient vu le contenu de prêter serment sur l'Honneur de ne jamais rien en révéler ?
Donc aussi, puisqu'il ne se passait rien là-bas, un évêque a décidé de venir y faire un tour et de procéder à un exorcisme ! Ah bon !
Donc, encore, c'est parce qu'il ne se passait rien à Arc-Wattripont, que des tas de journalistes sont venus sur place, la presse papier, mais aussi la radio et la télévision. Il ne se passait rien mais les journalistes ont tout de même trouvé des officiels qui prétendaient le contraire. Même leur commandant, que l'on peut voir dans un reportage télévisé, admettait qu'il était bien question d'objets qui se déplaçaient, de bruits bizarres. Un lieutenant tient lui aussi le même genre de discours et encore un garde champêtre - je ne parle pas de celui qui apparaît dans l'émission... Tant que l'on y est, une sœur de l'église voisine prie pour ces gens dans le désarroi. Elle prie pour rien.

C'est donc toujours "pour rien" que sont venus sur place Jacques Théodor, ancien chercheur du CNRS, Jean-Marie Tesmoing en qualité d'expert en détection de fraude au paranormal, Vladimir Verovacki et le professeur Dierkens, mais ce ne furent pas les seuls, loin de là !
C'est parce qu'il ne se passait "rien" à Arc-Wattripont que deux anciens gendarmes se disent encore, dix-huit ans après les faits, "profondément marqués" ! Deux autres policiers, bravant peut-être un interdit de leur hiérarchie, ont raconté des bobards à dormir debout au physicien Giovanni Cosentino, dix-sept jours plus tard... Ceux-là n'avaient apparemment pas encore compris qu'il ne s'était rien passé d'anormal à Arc-Wattripont ! Évidemment, en l'occurrence, un commissaire a aussi menti à sa propre fille, peut-être par esprit de sensationnalisme ou bien parce qu'il adorait terroriser les enfants, ou se vanter...


Et allez ! Tant qu'on y est, il ne s'est rien passé d'anormal à Arc-Wattripont mais dans une interview radiophonique, le Procureur du Roi lui-même retient le terme "paranormal", parce qu'il y a là des bizarreries, dit-il. Mais il doit s'agir de "bizarreries parfaitement normales" qui auront justifié qu'une bonne dizaine de flics viennent sur place, pendant deux jours au moins...
Pour mettre tout le monde bien d'accord, les gendarmes ne sont pas venus seuls, on a aussi fait appel aux policiers et à un radiesthésiste, parce que rien ne se passait... oui... à Arc-Wattripont !
Je relève aussi un point, que tout le monde semble perdre de vue mais qui me semble important, c'est qu'à la seule exception du garde champêtre, gendarmes et policiers sont bizarrement parfaitement d'accord quant à l'étrangeté des faits et tout cela en pleine guerre des polices...
Je ne sais pas pourquoi, je peux me tromper, mais j'ai "comme qui dirait" la vague impression qu'il s'est passé quelque chose à Arc-Wattripont et que la conclusion qui a été formulée au terme de l'émission est "un tantinet" simpliste et hâtive !

CETTE CONCLUSION EST TOUT SIMPLEMENT RIDICULE !


Vous n'êtes pas d'accord avec moi ?
Il y eut un moment de silence puis quelqu'un dit :
"Sans doute... mais il faut tenir compte des autres (nombreux) arguments, de l'exagération médiatique, et du fait que le beau-fils pouvait aussi être, disons... "un peu dérangé" et habile fraudeur, non ?"
"OK ! Alors allons-y pour la suite..."


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