La PKRS (PyschoKinèse
récurrente spontanée) peut-elle s'expliquer
par l'effet Casimir ?
Face à une affaire comme celle
d'Arc-Wattripont, en Belgique (1993), nos enquêteurs (et les enquêteurs
en général au même titre que la plupart des parapsychologues, tentent
toujours de trouver les explications du phénomène qui transgresse les
lois de la physique traditionnelle. On cherche partout, on envisage
tout, y compris la physique quantique. L'une des hypothèses
avancées dans ce registre était celle de l'effet Casimir. Nous
avons interrogé nos physiciens et l'IA et voici leur réponse.
Il n'existe aucun rapport
scientifiquement établi entre l'effet Casimir et la Psycho-Kinèse
Récurrente Spontanée (PKRS, plus connue sous le nom de phénomène
poltergeist).
Le rapprochement entre ces deux notions relève exclusivement de la
pseudo-science ou de la science-fiction, où des concepts de mécanique
quantique sont parfois empruntés de manière abusive pour tenter
d'expliquer des phénomènes paranormaux.
Voici une distinction claire entre ces deux concepts :
1. L'effet Casimir (Physique Quantique)
L'effet Casimir est un phénomène purement physique, mesurable et
démontré en laboratoire.
• Principe : Deux plaques métalliques parallèles, non chargées et
placées dans le vide absolu, s'attirent mutuellement.
• Cause : Cette attraction est provoquée par les fluctuations
quantiques du vide (l'énergie du point zéro). Le vide n'étant pas
totalement vide, les particules virtuelles (photons) exercent une
pression de radiation plus forte à l'extérieur des plaques qu'entre
elles, ce qui les pousse l'une vers l'autre.
• Échelle : Cette force n'est perceptible qu'à des distances
microscopiques (de l'ordre du nanomètre).
2. La PsychoKinèse Récurrente Spontanée /
PKRS (Parapsychologie)
La PKRS est un concept issu de la parapsychologie.
• Principe : Elle désigne des déplacements d'objets, des bruits
inexpliqués ou des perturbations électriques qui se produisent de
manière répétée autour d'une personne focalisée (souvent un adolescent
en crise).
• Hypothèse parapsychologique : Ce phénomène est théorisé non pas
comme l'action d'un fantôme, mais comme l'expression extérieure et
inconsciente d'un stress psychologique intense via l'esprit (l'effet
"esprit sur la matière").
• Statut scientifique : La PKRS n'est pas reconnue par la
communauté scientifique dominante, car elle n'a jamais pu être
reproduite ou prouvée dans des conditions rigoureuses de laboratoire.
(NB : et l'on se demande bien comment, vu la nature du phénomène et ses
causes, il serait possible de le reproduire dans lesdites conditions.)
Pourquoi trouve-t-on parfois un lien sur
Internet ?
Dans certains cercles ésotériques ou dans la culture populaire, l'effet
Casimir est détourné pour justifier la parapsychologie. L'argument
fallacieux consiste à dire : "Puisque l'effet Casimir prouve que le vide
contient une énergie invisible capable de déplacer des objets, le
cerveau humain doit pouvoir manipuler cette énergie quantique pour faire
bouger des tables à distance."
En physique macroscopique (à notre échelle humaine), l'énergie du vide
ne s'accumule pas de cette manière et le cerveau n'a aucun mécanisme
biologique pour altérer les champs quantiques à distance.
Voici une analyse détaillée de ces deux
aspects : le fonctionnement réel de l'énergie du vide en physique
quantique, et la méthode scientifique face à la psychokinèse.
Partie 1 : Le fonctionnement de l'énergie du
vide (Physique)
En mécanique quantique, le vide n'est jamais synonyme de néant. Il est
régi par le principe d'incertitude d'Heisenberg, qui stipule qu'on ne
peut pas connaître simultanément l'énergie d'un système de manière
exacte sur une durée infiniment courte.
Les fluctuations quantiques
• Création éphémère : Des paires de particules et d'antiparticules
virtuelles apparaissent et s'annihilent en permanence.
• Durée de vie : Ces particules surgissent "en empruntant" de l'énergie
au vide, puis disparaissent presque instantanément pour "rendre" cette
énergie.
• L'énergie du point zéro : C'est l'énergie minimale que possède un
système quantique, même au zéro absolu (-273,15 °C). Un champ quantique
ne peut jamais avoir une énergie égale à strictement zéro.
Pourquoi l'effet Casimir fonctionne-t-il ?
• Le rôle des plaques : Deux plaques métalliques agissent comme des
miroirs pour ces particules virtuelles (les photons).
• Une question de taille : Entre les plaques, l'espace est restreint.
Seules les ondes de lumière virtuelles dont la longueur d'onde "entre"
parfaitement dans cet espace peuvent exister.
• Le déséquilibre de pression : À l'extérieur des plaques, l'espace est
infini, donc toutes les longueurs d'onde sont possibles. Il y a plus de
particules virtuelles à l'extérieur qu'à l'intérieur.
• Le résultat : Cette différence de densité crée une force de pression
qui pousse les plaques l'une vers l'autre.
Partie 2 : Comment la science aborde et
réfute la psychokinèse
La méthode scientifique repose sur des piliers stricts : l'observation,
l'expérimentation contrôlée, la réplicabilité et le principe de
parcimonie (le rasoir d'Ockham).
1. L'absence de réplicabilité (NB.
Nous avons déjà vu que c'était pratiquement impossible et le terme
"spontanée" illustre bien la question)
• Le protocole : Pour valider un phénomène, une expérience doit pouvoir
être refaite par d'autres scientifiques, n'importe où dans le monde,
avec les mêmes résultats. (NB. idem)
• Le constat : Lors d'expériences rigoureuses (par exemple, tenter de
faire dévier un pendule ou modifier un générateur de nombres aléatoires
par la pensée), les effets positifs s'effondrent dès que les conditions
de contrôle sont drastiques (absence de triche, double-aveugle,
enregistrement vidéo continu).
2. Le problème des échelles de grandeur
• L'énergie cérébrale : Le cerveau humain fonctionne via des signaux
électriques (flux d'ions à travers les membranes neuronales).
• L'atténuation : Ces impulsions électriques créent un champ magnétique
extrêmement faible (mesurable par magnétoencéphalographie). Ce champ
décroît de façon exponentielle avec la distance. À quelques centimètres
du crâne, il est déjà mesurable uniquement par des capteurs
ultra-sensibles isolés du bruit terrestre. Il est physiquement
impossible que ce champ déplace un objet macroscopique (un verre, une
table).
3. Le Rasoir d'Ockham et la Zététique
• Le principe : L'explication la plus simple et qui demande le moins
d'hypothèses nouvelles est toujours à privilégier.
• L'application à la PKRS : Face à un phénomène de type poltergeist, la
science étudie d'abord les causes connues :
o Physiques : Vibrations souterraines, variations de température dans
les canalisations, courants d'air.
o Psychologiques / Sociologiques : Hallucinations collectives,
supercheries inconscientes ou conscientes (souvent pour attirer
l'attention au sein d'une famille).
• Conclusion scientifique : Il est inutile d'inventer une nouvelle loi
de la physique (comme une force de l'esprit) tant que les explications
rationnelles et connues suffisent à expliquer l'événement. (NB. Nous
avons démontré que dans l'affaire d'Arc-Wattripont ces arguments ne
tenaient pas la route).
Voici les détails sur deux sujets : les coulisses de la réfutation de
l'effet Geller et de l'institut PEAR, ainsi que l'impact bien réel de
l'effet Casimir sur nos technologies de pointe.
Partie 1 : Les deux cas
célèbres de parapsychologie réfutés
1. L'effet Geller et la zététique
Dans les années 1970, l'Israélien Uri Geller est devenu une célébrité
mondiale en affirmant pouvoir tordre des petites cuillères et réparer
des montres arrêtées par la seule force de sa pensée (psychokinèse). Il
a même été testé par des scientifiques de l'éminent Stanford Research
Institute (SRI), qui ont initialement validé ses pouvoirs.
• La faille des scientifiques : Les physiciens du SRI étaient experts en
physique, mais pas en illusionnisme. Ils ont été dupés par des
techniques classiques de prestidigitation.
• La réfutation par James Randi : James Randi, un célèbre illusionniste
et sceptique américain, a démontré publiquement qu'il pouvait reproduire
exactement tous les "miracles" de Geller en utilisant des techniques de
magicien (comme pré-affaiblir le métal en le pliant à l'avance à l'abri
des regards ou utiliser le détournement d'attention).
• Le test ultime : Invité sur le plateau du Tonight Show de Johnny
Carson, Uri Geller s'est retrouvé face à des cuillères et des
accessoires fournis directement par James Randi, sans qu'il puisse les
manipuler à l'avance. Résultat : Geller a été totalement incapable de
réaliser le moindre phénomène pendant toute l'émission, prétextant "ne
pas ressentir son pouvoir". (NB. Toutefois, dans le cas de Jean-Pierre
Girard, le matériel - soigneusement contrôlé - avait été apporté par feu
le professeur Jean Dierkens lui-même et les caractéristiques internes
des éléments concernés avaient été conservées, démontrant qu'il
s'agissait bien des mêmes barres métalliques - il n'y avait donc pas de
possibilité ni de pré-affaiblissement ni de substitution).
2. Le laboratoire PEAR de l'Université de
Princeton
De 1979 à 2007, le laboratoire Princeton Engineering Anomalies Research
(PEAR) a mené des millions d'expériences pour voir si l'esprit humain
pouvait influencer des machines, notamment des générateurs de nombres
aléatoires (GNA) basés sur le bruit thermique (un phénomène quantique).
• Le résultat initial : Après des millions d'essais, les chercheurs ont
affirmé avoir trouvé un effet statistique minuscule mais réel : la
pensée humaine semblait dévier très légèrement les résultats du hasard.
• La réfutation scientifique : La communauté scientifique a analysé les
données et a rejeté les conclusions pour plusieurs biais majeurs :
o Le biais de publication (ou "tiroir") : Les chercheurs avaient
tendance à éliminer ou à ne pas publier les sessions où aucun effet
n'était constaté.
o Le manque de réplication : D'autres laboratoires indépendants
(notamment en Allemagne) ont tenté de reproduire exactement l'expérience
avec des protocoles encore plus stricts. Ils n'ont trouvé strictement
aucun effet. Le signal de Princeton s'est avéré n'être qu'un artefact
statistique (une anomalie due à la méthode de calcul ou au
vieillissement des composants électroniques). PEAR a fermé ses portes en
2007, faute de résultats probants.
Partie 2 : Les applications technologiques
de l'effet Casimir
Contrairement à la psychokinèse, l'effet Casimir n'est pas une simple
curiosité de laboratoire. À l'échelle microscopique, il devient une
force dominante avec laquelle les ingénieurs doivent composer au
quotidien.
1. Le problème de la "stiction" dans les MEMS
Les MEMS (Micro-Electro-Mechanical Systems) sont des systèmes
microscopiques gravés sur des puces de silicium. On les trouve partout :
dans les accéléromètres de vos smartphones, les capteurs d'airbags de
voiture ou les têtes d'imprimantes à jet d'encre.
• L'effet Casimir parasite : À ces échelles (sous la barre du
micromètre), les pièces mobiles sont si proches que la force de Casimir
devient gigantesque par rapport à leur masse.
• La conséquence : Les minuscules engrenages ou interrupteurs s'attirent
et restent collés les uns aux autres de manière irréversible. C'est ce
qu'on appelle la stiction. Les ingénieurs doivent utiliser des
revêtements spéciaux (hydrophobes ou anti-adhésifs) pour contrer cette
force quantique invisible.
2. L'effet Casimir répulsif (La lévitation quantique)
En modifiant la nature des matériaux et le milieu qui les sépare, des
physiciens ont réussi à inverser l'effet Casimir.
• Le principe : Si l'on place deux plaques de matériaux différents (par
exemple de la silice et de l'or) plongées dans un fluide spécifique
(comme le bromobenzène), la pression des fluctuations quantiques devient
plus forte entre les plaques qu'à l'extérieur.
• L'application : Cela crée une force de répulsion. Cette découverte
permet de concevoir des micro-roulements ou des micro-engrenages qui
flottent littéralement les uns au-dessus des autres sans aucun contact
mécanique, éliminant totalement la friction et l'usure.
3. La métrologie de précision et l'informatique quantique
L'étude ultra-précise de la force de Casimir permet de tester les
limites de la physique moderne. Elle aide à vérifier si de "nouvelles
forces" inconnues existent à courte distance (comme des dimensions
supplémentaires suggérées par la théorie des cordes). De plus, la
maîtrise des fluctuations du vide est cruciale pour stabiliser les
qubits dans certains types d'ordinateurs quantiques.
Voici à présent une analyse
approfondie des protocoles scientifiques face aux pouvoirs revendiqués,
ainsi que de la réalité physique derrière les mythes de l'énergie du
point zéro.
Partie 1 : Les protocoles scientifiques
d'évaluation des "dons" (Zététique)
En France et dans le monde, la zététique (l'étude scientifique des
phénomènes dits paranormaux) utilise des protocoles expérimentaux
stricts pour tester les personnes affirmant détenir des facultés
surhumaines. Le but n'est pas de ridiculiser, mais d'appliquer une
méthode scientifique impartiale.
1. Le principe du "Défi" historique
Pendant des décennies, des prix financiers ont été proposés à quiconque
réussirait à prouver un don paranormal dans des conditions contrôlées.
• Le Prix Défi International (géré en France par le laboratoire de
zététique de l'Université de Nice et Henri Broch) offrait 200 000 euros.
• Le One Million Dollar Paranormal Challenge (géré par James Randi aux
États-Unis) offrait un million de dollars.
• Le résultat : Des milliers de candidats ont été testés à travers le
monde (radiesthésistes, télépathes, médiums). Aucun n'a jamais réussi à
franchir les phases préliminaires. Les prix ont tous été clos sans
vainqueur. (NB. Au CERPI, nous avons de nombreuses objections à ce
sujet ! Nous en formulons quelques unes plus loin dans cette
page))
2. Les règles d'or d'un protocole zététique
Pour qu'un test soit valide, il doit respecter des critères stricts
négociés et acceptés à l'avance par le candidat :
• Le Double-Aveugle : Ni le candidat ni l'expérimentateur présent dans
la pièce ne doivent connaître la réponse. Par exemple, si un sourcier
doit trouver quelle bouteille contient de l'eau parmi dix bouteilles
opaques, la personne qui a rempli les bouteilles ne doit pas être dans
la pièce pour éviter toute communication inconsciente (indices faciaux,
regard).
• La significativité statistique : Trouver l'eau une fois sur deux peut
être de la chance. Le protocole impose de répéter l'exercice de
nombreuses fois. La réussite doit dépasser de très loin le simple calcul
des probabilités du hasard.
• L'analyse des conditions physiques : L'environnement est totalement
contrôlé (absence de courants d'air pour la psychokinèse, isolation
électromagnétique, caméras haute vitesse sous plusieurs angles).
Part 2 : Le concept d'énergie du point zéro
et l'illusion de son "extraction"
L'énergie du point zéro (EPZ) est l'énergie résiduelle minimale d'un
système quantique lorsque sa température atteint le zéro absolu. Elle
est réelle, mais son exploitation à grande échelle est un fantasme
thermodynamique.
1. Pourquoi on ne peut pas l'extraire pour produire de l'énergie ?
Sur Internet, de nombreuses théories du complot ou pseudo-scientifiques
affirment que l'énergie du vide pourrait alimenter la Terre gratuitement
("moteurs à énergie libre"). C'est scientifiquement impossible pour deux
raisons physiques majeures :
• Le piège du niveau fondamental : En physique, le point zéro représente
l'état d'énergie le plus bas possible d'un système. Par définition, vous
ne pouvez extraire de l'énergie d'un système que si vous le faites
passer d'un niveau d'énergie haut à un niveau plus bas (comme l'eau d'un
barrage qui tombe). On ne peut pas "descendre plus bas que le sol".
• Le bilan énergétique de l'effet Casimir : Dans l'effet Casimir, les
plaques se rapprochent et produisent un travail mécanique infime. Mais
pour réutiliser ce système, il faut ensuite écarter à nouveau les
plaques de force. Cette action demande exactement la même quantité
d'énergie (voire plus à cause des frottements) que celle libérée lors du
rapprochement. Le bilan net est nul ou négatif.
2. Les théories spéculatives en cosmologie et propulsion
Bien qu'on ne puisse pas l'utiliser pour alimenter nos maisons,
l'énergie du vide reste au cœur de théories spéculatives fascinantes en
physique théorique :
• La constante cosmologique : L'énergie du vide quantique est la
candidate principale pour expliquer l'énergie noire, cette force
mystérieuse qui provoque l'accélération de l'expansion de l'Univers.
Cependant, il existe un écart gigantesque de 10 120)
ordres de grandeur) entre la valeur théorique calculée par la physique
quantique et la valeur observée en cosmologie. C'est ce qu'on appelle
"la pire prédiction de l'histoire de la physique".
• La propulsion Alcubierre (Warp Drive)
: En relativité générale, le physicien Miguel Alcubierre a théorisé
qu'en modifiant localement la densité d'énergie de l'espace-temps (en
créant une densité d'énergie négative), on pourrait théoriquement
contracter l'espace devant un vaisseau et l'étendre derrière pour
voyager plus vite que la lumière sans violer la relativité. Pour générer
cette "énergie négative", certains physiciens spéculent sur
l'utilisation d'un effet Casimir dynamique à très grande échelle. Cela
reste toutefois purement mathématique et irréalisable avec nos
technologies actuelles.
Nos objections quant au prix défi
zététique
Dans les expérimentations du prix défi, des abus manifestes ont été
déclarés. Par exemple, alors que le médium arrivait à obtenir des
observations étonnantes sur des sujets cachés, les zététiciens n'ont
rien admis mais prétendu qu'il fallait un test "plus scientifique".
C'était pourtant eux-mêmes qui avaient établi le premier protocole,
supposé être déjà scientifique !
Réponse de l'IA :
Cette critique touche au cœur des débats les plus vifs entre les
parapsychologues et les mouvements sceptiques (ou zététiciens).
L'argument du "changement de règles en cours de route" ou du protocole
mouvant est précisément l'une des accusations majeures portées par les
défenseurs du paranormal contre les organisateurs du Prix Défi
(notamment Henri Broch et son équipe).
Pour comprendre pourquoi cette situation s'est produite, il faut
analyser la divergence radicale d'interprétation d'un même événement
entre les deux camps.
La version des candidats et parapsychologues
(L'accusation de mauvaise foi)
Du point de vue du candidat, le sentiment d'injustice est souvent
légitime et s'explique ainsi :
1. Le protocole initial est validé : Un accord est signé sur ce que le
médium doit accomplir (par exemple, identifier des objets cachés dans
des boîtes). (NDLR : cela a été signé... et
respecté !)
2. Le succès partiel ou l'anomalie : Durant les premiers essais, le
candidat obtient des résultats supérieurs à ce que le hasard statistique
prédisait.
3. Le refus de valider : Les zététiciens refusent de lui accorder le
prix, déclarant que l'expérience n'était qu'une "phase préliminaire" ou
un "test à blanc", et qu'il faut maintenant durcir les conditions
(boîtes plus opaques, double-aveugle plus strict, etc.).
(NDLR : cependant, il avait été dit plus
haut qu'aucun candidat n'avait réussi la phase préliminaire ! Ce
qui n'est donc pas vrai.)
4. La conclusion de l'abus : Pour le candidat, c'est la preuve que les
zététiciens sont dogmatiques : ils avaient promis que le premier
protocole était scientifique, mais dès que le paranormal semble se
manifester, ils déplacent les poteaux de but (moving the goalposts) pour
s'assurer de ne jamais payer le prix.
La version des zététiciens (La rigueur
contre les "effets de bord")
Du point de vue de la méthode scientifique, le raisonnement des
chercheurs est différent et repose sur la notion de phases
expérimentales :
• Les tests préliminaires (ou exploratoires) : Dans toute recherche
scientifique, on commence par un protocole plus souple pour calibrer les
instruments, vérifier la faisabilité et comprendre ce que le candidat
affirme faire. Si les zététiciens qualifient ce premier test de
"scientifique", c'est parce qu'il suit une méthodologie de départ, mais
il n'a pas valeur de preuve définitive.
(NDLR : cependant, il conviendrait également de tenir en compte le fait
qu'au cours de ce test préliminaire, déjà exigeant et stressant et - de
surcroît - subordonné à une récompense très consistante, le candidat
s'est fatigué. Par la suite, ses pouvoirs peuvent naturellement
s'en trouver diminués, d'autant que le candidat subit une désillusion
vexante)
• La découverte des failles (les "indices sensoriels") : Si un candidat
obtient un résultat étonnant lors de cette première phase, l'éthique
scientifique impose de chercher s'il n'y a pas un biais invisible.
Souvent, lors des premiers essais du Prix Défi, les chercheurs
réalisaient après coup qu'une faille s'était glissée : un reflet sur une
vitre, un bruit infime en déplaçant un objet cachant le sujet, ou une
inflexion de voix inconsciente de l'expérimentateur (effet Hans le
Malin). (NDLR : voilà qui est pratique
lorsqu'une grosse somme d'argent est en jeu !)
• Le durcissement nécessaire : Éliminer ces failles découvertes en cours
de route nécessite un protocole plus lourd. Pour la science, un résultat
positif n'est validé que s'il survit au protocole le plus étanche
possible. Si l'effet disparaît dès que le contrôle est renforcé, la
science conclut que le succès initial était dû à une faille du premier
protocole, et non à un pouvoir paranormal.
(NDLR : on peut comprendre la rigueur scientifique exigée. Mais on peut
aussi redouter que les tests soient renforcés à l'infini, cas dans
lequel aucun prix ne sera jamais accordé ! Sans porter d'accusation pour
autant, il est factuel qu'aucun prix n'a été accordé. Enfin, il
faut également remarquer que dans le prix défi, Jacques Léon Théodor
était à la fois pourvoyeur de fonds et membre du jury, ce qui
constituait une situation de "juge et partie" éthiquement inacceptable
ou, en tous cas, qui invitait à la suspicion !)
Un dialogue de sourds structurel
Cette opposition montre la limite des "prix" paranormaux :
• Les médiums voient l'expérimentation comme un test de confiance :
"Nous étions d'accord, j'ai réussi, vous devez acter ma réussite."
• Les scientifiques voient l'expérimentation comme un processus
d'élimination des erreurs : "Vous avez réussi là où le protocole était
imparfait ; voyons si vous réussissez là où il est irréprochable."
Ce conflit montre que le Prix Défi n'était pas un outil de recherche
collaborative, mais un outil d'affrontement rhétorique où chaque camp
accusait l'autre, soit de tricherie intellectuelle, soit de déni de la
réalité.
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