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UNE PROPOSITION INATTENDUE
Je n'en croyais pas mes yeux, ou plutôt mes
oreilles lorsque les éditions Jourdan me proposèrent d'écrire un livre ! Dans le
but d'en discuter, son directeur me fixait un rendez-vous dans ses bureaux et je
m'y rendis bien entendu, accompagné de mon assistante Nancy (c'était le bon
temps, celui où le Président du CERPI avait encore une assistante !) Nous fûmes
ponctuels et bien accueillis mais pas au bout de nos surprises. Car, en fait, le
dirlo attendait plutôt de moi que je lui écrive un livre qui comprendrait tout
un ensemble de témoignages de personnes ayant connu la deuxième guerre mondiale
! M. Jourdan parut contrarié, mais pas trop, et me demanda ce que je pourrais alors écrire et qui soit dans mes cordes. C'était me tendre une énorme perche que je saisis à pleines mains en lui répondant que notre tasse de thé se situait plutôt dans le domaine des enquêtes sur les phénomènes inexpliqués. En quelques secondes d'un débit élevé de paroles, je n'eus guère de mal à le convaincre de ce que la petite Belgique pouvait aisément être considérée comme une plaque tournante du mystère : la grande vague d'OVNI de 89 en était un exemple frappant, on pouvait bien sûr aussi parler du fameux trésor des templiers et de l'hypothèse très sérieuse de Rudy Cambier, des sentiers de l'étrange de la région des collines, de son grand sabbat des sorcières, de la tour de l'Apocalypse à l'autre bout du pays et de bien d'autres choses encore. Il tiqua cependant quand je lui parlai de cette base de l'OTAN ultra secrète dissimulée dans une colline de cette partie sud de la Belgique. Moi, j'étais sûr de mon coup pour des raisons inattaquables mais lui qui connaissait bien l'endroit n'en avait jamais entendu parler et, à vrai dire, il mettait mes dires en doute. Il manifestait aussi quelques hésitations quant au sérieux et à l'objectivité de nos enquêtes. Comme il ne pouvait pas savoir - à l'époque - que l'existence de la base secrète dont je parlais allait être révélée au grand public quelques années après son démantèlement pour cause " officielle" de désamiantation, photos sur le Net y compris et témoignant du caractère gigantesque de l'établissement souterrain (une ville dans la colline, avec même des routes pour rallier diverses sections) et que les lieux seraient même accessibles aux visiteurs, de décidai de procéder à une petite expérience " en direct" dont il serait d'ailleurs lui-même l'acteur principal. Cela l'emballa et il convoqua même son personnel pour assister à cette démonstration. Elle avait intérêt à ne pas échouer sinon s'en aurait été fini de nos espoirs. La démonstration était basée sur l'usage du pendule, à propos duquel j'expliquai que l'objet n'était doué d'aucune propriété surnaturelle et ne faisait qu'amplifier les ressentis personnels. Tout ce dont il avait besoin, c'était d'une feuille de papier, un bic et... mon pendule. " Voilà ! (Vous pouvez, vous aussi, tenter
cette expérience et l'éprouver par vous-mêmes), veuillez, sur la feuille de
papier, tracer une ligne horizontale et une autre, verticale. Bon, voilà, vous
êtes donc maintenant face à une sorte de croix. Prenez le pendule, donnez lui
une impulsion de départ de manière à ce qu'il se mette à osciller. Nous sommes
donc bien d'accord que c'est vous qui avez lancé le mouvement du pendule : rien
de paranormal ! A présent, concentrez-vous sur l'une des lignes que vous avez
tracées, soit l'horizontale, soit la verticale ! Il s'exécuta. Je ne me rappelle
plus de quelle ligne il s'agissait mais cela n'a aucune importance, supposons
qu'il se soit agi de l'horizontale. En lui donnant mes explications, je
m'arrangeai pour prononcer plusieurs fois le mot " horizontale" (histoire
d'amplifier moi-même son état d'esprit) : " Concentrez-vous bien sur la ligne
horizontale ! Et, bien sûr, après quelques instants, son pendule se mit à
osciller à l'horizontale ! Cela n'avait rien de merveilleux, c'était
parfaitement prévisible (pourtant, certains individus semblent y être
hermétiques, il y avait donc bien un certain risque d'échec) mais ça l'épata à
l'instar de la petite assemblée de secrétaires. L'affaire était désormais conclue et je décrochais un contrat en bonne et due forme pour 3 livres ! Heureux, il ne me restait plus qu'à me mettre au travail qui ne consistait pas du tout à faire un simple copier-coller des articles du site, c'était bien plus complexe que ça et il fallait aussi suivre une certaine ligne éditoriale. De même, au fur et à mesure de l'évolution de la maquette, une réunion s'imposait pour corriger les erreurs, modifier ceci cela, recevoir les appréciations intermédiaires. Peu de gens savent à quel point la réalisation d'un livre est loin de ne consister qu'à écrire et présente nombre d'exigences ! Il y eut même parfois certains moments de " panique" , notamment lorsque éclata l'affaire de Petit-Rechain qui, pour certains, remettait toute la vague belge en question. En fait, il était facile de démontrer que " l'imposture de la maquette en frigolite" n'avait aucune incidence sur les événements ufologiques très étranges qui survinrent à partir de 1989. Arrivé aux portes de l'aboutissement, peu avant la mise sous presse, je dus malgré tout introduire une précision prudente à l'égard de mes futurs lecteurs : l'affaire d'Arc-Wattripont, l'archétype même de la maison hantée et du poltergeist avec exorcisme en prime était supposée pouvoir connaître des rebondissements. En effet, jusque là nous ne pouvions la présenter que dans ses grandes lignes et il était tout à fait possible qu'elle n'ait reposé que sur une imposture. Tant de travail allait se présenter devant nous... tant de bâtons dans les roues aussi, sans compter les coups bas du " gardien du seuil" . Nous ne savions pas encore que nous allions connaître une aventure vraiment hors du commun ainsi qu'une adversité implacable et sournoise. SUITE DU DOSSIER - PRÉCÉDENTE - SOMMAIRE - HAUT - ACCUEIL |