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Étude personnelle sur les prétendues armes secrètes naziesLe présent article s'accompagne d'un travail de compilation de 582 pages (accessible uniquement au CERPI) traitant directement ou indirectement du sujet ci-dessous. On y trouvera une abondante documentation sur la seconde guerre mondiale, truffée de références, de liens, d'images, etc. qui constituera à tout le moins un outil très complet à l'usage de nos enquêteurs désireux d'approfondir le sujet ou leurs connaissances à propos de la WW2. On y trouvera également de nombreuses données sur des sujets connexes tels que l'Hyperborée et les Hyperboréens, l'Atlantide, les reptiliens, les services secrets, l'espionnage, les grandes opérations, les personnages fameux (ou suspects). Avouer son vif intérêt pour l’étude de la seconde guerre mondiale présente, presque immanquablement, un risque conséquent pour qui se trouve à la tête d’une association d’étude des phénomènes inexpliqués. L’occasion est belle, pour toute la faune des détracteurs et de sceptiques bornés, de cataloguer l’auteur comme relevant d’une quelconque mouvance néonazie, un sombre individu qui cacherait à grand peine son attirance pour une idéologie nauséabonde, un esprit aussi peu fréquentable et aussi peu fiable que l’un des dirigeants ou des disciples du IIIè Reich. Je me vois donc obligé de tuer dans l’œuf une telle perspective et de m’inscrire en faux face à toute accusation ou allusion qui irait en ce sens. Je n’ai résolument aucune sympathie pour ce que furent Hitler et toute sa clique, je ne suis ni antisémite, ni négationniste, ni révisionniste, ni d’extrême droite (le CERPI ne fait d’ailleurs aucunement dans la politique) encore moins néo-nazi, et mon seul but réside dans la recherche de la vérité. Si vous désirez tout savoir à propos de ma passion pour la WW2 (World War 2 – seconde guerre mondiale), il est très facile de vous en exposer l’origine. Né en 1958, soit à treize ans seulement de la fin du grand conflit mondial, j’ai vécu mon enfance et mon adolescence dans un contexte où ce dernier était encore très présent dans les discussions quotidiennes, auprès de parents et de grands-parents qui l’avaient vécu, supporté, subi et souffert. Ils ont connu la peur des bombardements et des envahisseurs, celle de la mort, les affres des privations et les menaces constantes. Ils ont connu les heures sombres de l’occupation, les bruits de bottes des patrouilles, les exécutions, les ordres que l’on glapit, les cadavres qui jonchent le sol et aussi les proches qui manquent à l’appel. A tout jamais. Toutes ces horreurs, ils ne pouvaient s’empêcher d’en reparler – que je sois présent ou pas – un peu comme pour exorciser un bien trop mauvais souvenir. Le souvenir de choses qui n’évoquent qu’une conclusion laconique : plus jamais ça ! Mais un jeune garçon qui suit la tradition de son âge, ne rêve que de plaies et de bosses. Il est inconscient de la triste réalité et redemande de ces narrations, si parlantes, si vraies (et pour cause !) qui font mieux que la meilleure prestation hollywoodienne. Cela devient un fait marquant de sa jeunesse. D’autant que, pour quelques années encore, les magasins de jouets proposeraient encore leurs figurines de soldats alliés, leurs chars et leurs jeeps, américaines ou allemandes, avant qu’ils ne soient remplacés par des schtroumpfs, des Goldoraks et autres Albators. Toutefois, s’il n’y avait eu « que » cela (mais n’était-ce pas déjà bien assez ?), il est vraisemblable que tout ce fatras de connaissances disparates aurait disparu de mes préoccupations, comme une brume aux relents infects. Mais la ville où nous habitions portait encore les balafres et les plaies béantes des combats de jadis. Des façades de la rue principale présentaient toujours, et pour longtemps, les impacts de mitrailleuses. Il était impossible de les ignorer. Même lors de vacances à la mer, le littoral belge était encore hanté de la présence nazie sous la forme de bunkers éventrés, vestiges du Mur de l’Atlantique, qui allaient mettre du temps à quitter le paysage. Lors de promenades dans notre campagne, nous ne pouvions pas davantage éviter le passage près de stèles commémorant le sacrifice de soldats anglais. Toujours, la guerre 39-45 revenait comme un leitmotiv. Pourtant, là aussi le temps aurait pu faire son œuvre. Mais il n’en eut pas… le temps ! Alors que se formait mon caractère de jeune homme et que d’autres centres d’intérêts voyaient le jour en moi, notamment les phénomènes mystérieux, il y eut une croisée des chemins : textes et reportages télévisés évoquaient l’étonnante attirance de dirigeants allemands pour l’occultisme, le flou qui régnait sur la disparition du führer, l’existence d’armes secrètes qui auraient bien pu changer le cours de la guerre. Parmi celles-ci, des espèces de « soucoupes volantes ».
Le problème des armes secrètes nazies n'en est plus un. Il y a belle lurette que les principales sont connues dans le détail. Elles présentent néanmoins un intérêt historique et technologique certain. Mais c'est plus précisément celui de ses prétendues "soucoupes volantes" qui m'a occupé des années durant. Pour d'aucuns, parfois ufologues chevronnés, il ne s'agissait que d'une perte de temps, une chimère propagée à grands renforts de sites Web en veux-tu en voilà, issus probablement de nostalgiques ou d'individus relevant d'idéologies indéfendables. Pour moi, les choses étaient on ne peut plus claires : il me fallait savoir, point à la ligne. Étudier la seconde guerre mondiale, en plus des connaissances acquises sur les bancs de l’école, ne serait jamais une perte de temps eu égard au devoir de mémoire qui devrait garder une place importante pour chacun de nous. Il me semblait primordial de comprendre comment une telle apocalypse avait pu avoir lieu, comment un peuple aussi civilisé et développé que le peuple allemand avait pu se laisser aller à de telles atrocités et aussi comment ce dernier avait bien failli trouver les moyens de se rendre maître du monde. Dans cette optique, son « exploit » semblait lui aussi relever du fantastique dans le plus mauvais sens du terme et ce n’en était que d’autant plus suspect. Le sujet des soucoupes volantes nazies était-il stupide, impossible, ridicule ? Cela reste à voir :
l’opération Paperclip a largement démontré que les nazis disposaient d’un énorme réservoir
d’éminences grises, un potentiel incroyable que les grandes puissances n’ont d’ailleurs pas hésité à récupérer pour leur propre développement technologique, militaire et
scientifique. Ils disposaient d’ailleurs également des ressources naturelles des pays conquis et, forcément, d’une main d’œuvre gratuite démesurée qui venait compléter la
puissance phénoménale du complexe militaro-industriel allemand. On peut d’ailleurs frémir devant le fait que ce même peuple allemand aurait bien failli disposer de la bombe
atomique avant les américains. (Ce point est toutefois notamment contesté par Albert Speer, l’architecte d’Hitler et Ministre de l’Armement, lequel explique dans ses
mémoires que l’intérêt pour LA bombe n’avait été qu’assez relatif, Hitler s’obnubilant sur les armes de représailles telles que les fusées volantes, V1, V2, etc.)
Il conviendrait donc de se montrer très prudent et de ne pas prétendre trop vite que la réalisation d’engins du type dont il est ici question était inaccessible aux forces
de l’Axe.
En effet, si l’on se base sur la multitude de sites Web qui prétendent que l’Allemagne nazie aurait pu développer des engins discoïdaux aux performances très semblables à nos traditionnelles « soucoupes volantes », la recherche en la matière datait de bien avant la guerre de 39-45 et l’on pouvait trouver ses prémices en 1935, voire même en 1929. Quelques indices nous indiquent que cette hypothèse pouvait être moins saugrenue qu’il y paraît. Il faut notamment lire à ce sujet l’histoire du Zeppelin, avec ses creux de la vague et ses renaissances ; la structure même de ces engins et le rapprochement que l’on peut faire avec certains modèles de vaisseaux mères ou de type Andromeda. Pour y voir plus clair à ce sujet, il faut se rappeler des péripéties vécues par Zeppelin jusqu’à l’incendie de l’Hindenburg, l’utilisation de structures métalliques rigides mais aussi les performances et les oppositions subies. En effet, le traité de Versailles constituait un frein important à tout développement militaire allemand, ce dernier se voulant synonyme de gigantisme. Par ailleurs, les nazis s’opposaient fortement au développement de ce dirigeable qui ne présentait aucune utilité militaire évidente et préféraient donner priorité à l’avion. Pourtant, jusqu’à l’entrée en guerre, Zeppelin s’accrocha à ses projets et y travailla plus que probablement de manière occulte en suivant des plans parallèles avec des instances poursuivant d’autres objectifs (lesquels devaient pourtant se rejoindre ultérieurement, dans une certaine mesure). Il faut ici comprendre que les foudres du traité de Versailles (qualifié de diktat de Versailles par les Allemands) furent largement
contournées en ce qui concerne la plupart du matériel lourd (dont les blindés) via des camps spéciaux implantés en Union Soviétique, avec l’accord de Staline (sous le pacte
germano-soviétique de non agression). Le matériel léger et de dimensions modestes n’avait guère besoin de cette délocalisation puisqu’il passait facilement inaperçu. Qui a
étudié les procédés de réarmement de l’armée allemande sait pertinemment bien que de simples astuces terminologiques ont à elles seules permis de contourner le traité de
Versailles (le terme de tracteur étant utilisé par exemple pour désigner les chars). Toutefois, avec l’opposition nazie face au Zeppelin, la société ne pouvait se permettre
de laisser faire une destruction ou un sabotage systématique et se devait soit de mettre ses engins à l’abri soit de livrer des versions militairement abouties. Une
solution consistait donc à transporter des éventuels prototypes, sans aucun rapport avec les dirigeables, dans les camps soviétiques et au moyen de ces mêmes dirigeables.
Dans ce cas, cela laisserait supposer deux choses : la première serait que les engins en cours de fabrication n’étaient aucunement au point (ce qui rejoint l’impression
générale laissée par la majorité des armes secrètes fabriquées par l’Allemagne nazie dans sa course aux Wunderwaffen), la seconde serait que le développement et
l’exploitation éventuelle des prototypes se serait effectuée chez les soviétiques.
Les mystères du IIIe Reich
Malheureusement, c’est aussi insuffisant que pour battre en brèche l’hypothèse de départ. En effet, sous l’influence d’Albert Speer, l’Allemagne parvint à intensifier très notablement sa production de matériel militaire en dépit de tous les bombardements. On peut citer l’exemple de la fabrication des U-boot qui, avant l’intervention de Speer, prenait un an et qui après celle-ci fut ramenée à deux mois. D’autre part, si des savants allemands se montrèrent parfois volontairement paresseux par souci de l’éthique de leurs inventions, en revanche on peut concevoir que la plupart se sont montrés d’autant plus déterminés par l’urgence d’une réaction efficace et déterminante et que le chaos de l’ouverture des deux fronts a naturellement pu favoriser l’occultation de nombre de documents que les Allemands ne désiraient aucunement voir tomber aux mains de l’ennemi. Par ailleurs, pour précieuse qu’elle pouvait s’avérer sur le papier, la main d’œuvre concentrationnaire ne pouvait qu’être très limitée quant au développement d’armes technologiquement très sophistiquées. En effet, s’il y avait peu à craindre quant à une récupération éventuelle de connaissances évoluées puisque les détenus de lieux tristement célèbres tels que Dora-Mittelbau en sortaient rarement vivants, ce personnel peu qualifié était affecté essentiellement à des taches de base et non à un travail particulièrement spécifique et sensible. On pourrait ici rétorquer que sur 60 000 détenus de Dora, « seuls » 20 000 y périrent et que ces ouvriers peu spécialisés travaillaient néanmoins aux chaînes de montage des V2 mais le type d’armement est aussi très différent et les dysfonctionnements rencontrés n’ont pas été négligeables. A notre connaissance et même dans les propos les plus enthousiastes, il n’a jamais été question d’une production en série de « soucoupes volantes », que du contraire. Si l’hypothèse des soucoupes nazies est très vivace, il faut garder un point à l’esprit qui découle de la pure logique : les observations et les témoignages en faveur de leur existence font cruellement défaut. Or il semble clair que si des engins très performants et opérationnels avaient existé durant le grand conflit, les Allemands n’auraient pas manqué de les utiliser, surtout lors d’événements majeurs aux conséquences très importantes. Au lieu de cela, il ne semble exister aucune observation ni durant le débarquement en Normandie (à une époque où la Luftwaffe, très éprouvée, consacrait l’essentiel de ses forces sur le front russe), ni durant la bataille d’Angleterre (où cette dernière subit de lourdes pertes), ni même durant la contre-offensive des Ardennes (voir à ce sujet l'excellent reportage : https://www.youtube.com/watch?v=Yc1WXfizOEg ) ou la bataille de Berlin, deux occurrences dans lesquelles la situation était bel et bien désespérée et où tous les moyens étaient mis en œuvre pour tenter d’éviter l’effondrement inéluctable. Au lieu de cela, lors de la bataille d’Angleterre la Luftwaffe n’a utilisé que des moyens strictement conventionnels – mais peut-être aussi parce que cet engagement survenait trop tôt par rapport à un stade de développement des engins incriminés – la réaction face au débarquement a été tardive et hétéroclite, engageant des véhicules obsolètes et des soldats étrangers et peu expérimentés (en sus de l’encadrement par des Allemands aguerris et de certaines divisions plus redoutables) – c’est peut-être ce kaléidoscope humain et la présence d’unités anglo-saxonnes qui aurait dissuadé l’État-major allemand d’utiliser des engins encore trop peu au point et risquant donc trop de tomber aux mains des ennemis – mais alors, s’il s’agissait d’une question de délais, la contre-offensive des Ardennes ne pouvait plus trouver comme prétexte que le front russe qui aurait été prioritaire (ce dont on peut fortement douter) et c’est a fortiori le cas pour la bataille de Berlin. En suivant le même raisonnement, on pourrait se dire que, dès lors, des « soucoupes nazies » auraient dû intervenir face aux soviétiques. Cela ne semble pourtant pas le cas bien que ce soit dans ce même cadre que nous avons trouvé l’un des seuls témoignages de vol d’un engin non-conventionnel et corroborant apparemment l’hypothèse dont il est ici question. D’un autre côté, si le problème de l’intervention des soucoupes résidait dans une éventuelle impossibilité de les nantir d’un armement ad hoc, alors ces engins – pour autant qu’ils aient existé – auraient pu servir dans le domaine de l’espionnage et venir contrarier l’opération Fortitude. En effet, si l’absence de témoignages se justifie par le petit nombre d’engins opérationnels, de petite taille, et leur furtivité, ils auraient alors très certainement trouvé leur utilité pour répondre à cette lancinante question qui taraudait Hitler et ses généraux : où le débarquement aurait-il lieu ? https://www.dailymotion.com/video/x1bnvaz Or, on se souvient que jusqu’au bout, ce dernier était pressenti dans le Pas-de-Calais. Même lorsque les cinq plages de débarquement se
sont trouvées investies, l’État-major allemand croyait encore à une diversion. Mieux : les engins discoïdaux auraient tout à la fois pu renseigner correctement les
Allemands à propos du débarquement et localiser l’endroit où se trouvaient les forces de débarquement. On imagine donc bien les conséquences qu’aurait eu cette manœuvre
d’espionnage. Au lieu de cela, les services d’espionnage allemands se sont montrés très peu efficaces, eux dont le décryptage de la machine Enigma avait déjà été réalisé.
S’il n’avait existé qu’un seul engin opérationnel à la fin de la guerre, pourquoi ce dernier n’aurait-il pas été utilisé pour assurer « l’évasion » d’Hitler de son bunker de Berlin ? Aucun soldat, personne en fait, ne peut alléguer qu’il ait disparu de la sorte et d’ailleurs pas même en avion alors qu’il semble qu’il aurait été possible au dictateur de s’éclipser par ce moyen. La version officielle stipule qu’Hitler s’était auto-identifié à son pays, ou plutôt à l’Allemagne et que cette dernière étant vaincue et détruite il ne lui restait plus qu’à se suicider. A ce niveau, comme on le sait, le problème réside dans le fait qu’il subsiste un certain flou sur la disparition du leader de l’Allemagne nazie et sur sa mort. Il reste permis de douter quelque peu du déroulement réel des choses et certains n’ont pas hésité à prétendre qu’on l’aurait vu en Amérique latine (Il semble toutefois que les Russes détiennent la solution de cette énigme). On aurait tort de croire qu’il n’existerait aucun témoignage oculaire des fameuses soucoupes nazies. Malheureusement, il faut reconnaître leur extrême rareté et aussi leur manque de fiabilité. Ainsi, il s’agit soit de témoignages de deuxième main, soit de récits de vieillards, invérifiables et impossibles à recroiser. On s’en serait doutés à propos d’un conflit qui s’est terminé voilà maintenant plusieures décennies, et qui a – de surcroît – été on ne peut plus coûteux en vies humaines. De tels témoignages seraient pris pour ce qu’ils valent, c’est-à-dire pas grand-chose, voire celui d’illuminés tentant à se mettre en valeur ou à donner plus de panache à leurs exploits de jadis. Dans ces conditions, sur quoi peut-on encore se baser pour donner un crédit quelconque à ces engins hypothétiques ? En fait, on ne peut plus que se baser sur les documents que l’on peut trouver sur Internet, à défaut de pouvoir consulter les archives appropriées et en admettant que ces dernières jouent la carte de la totale transparence, un point à propos duquel on peut également se montrer dubitatifs. Dans ce domaine, on ne peut que constater, comme cela a été dit au début de cette étude, l’incroyable abondance de sites Web traitant du sujet. A priori, leur nombre est à ce point significatif qu’il devient difficile de ne pas croire qu’il y ait anguille sous roche. Mais la quantité d’informations concernant un sujet ne signifie pas ipso facto que ces informations soient vraies pour autant. En effet, un premier point que l’on peut facilement constater en parcourant ces espaces informatiques c’est qu’il s’agit le plus souvent de simples alter ego, des fac similés ou des copier-coller sans plus. Le chercheur le plus débutant sera directement subjugué par la récurrence de l’information orientée dans un même sens et sera tenté de lui accorder crédit. Mais, chemin faisant, il remarquera que des passages entiers sont reproduits tels quels, souvent de A à Z, et que l’on peut y retrouver les mêmes fautes d’orthographe aux mêmes endroits, avec la même récurrence. Les photos présentes chez l’un seront également les mêmes que celles que l’on retrouvera ailleurs et on en aura vite fait le tour. Il en va de même au niveau des commentaires, des théories, des approches et des conclusions. Quant aux plans, aux performances, aux capacités et à l’historique des échecs des prototypes, tout s’inscrira encore selon un schéma immuable et l’on saura très bien quelle suite viendra couronner une telle envolée, à savoir que – par exemple – tel engin aurait été capable de voyager dans l’espace, de tirer un rayon de la mort, voire de voyager dans le temps. Ce sont là, en 1945 au mieux, autant de prouesses qui laissent songeur et ne manquent pas d’évoquer l’invraisemblable, l’affabulation, le trop extraordinaire pour être vrai. En cela, je ne peux bien sûr que faire écho tant cela semble relever d’un anachronisme flagrant : comment un engin humain, allemand, aurait-il pu s’élever dans les airs et s’en aller titiller les anneaux de Saturne ou flirter avec Vénus alors que la conquête classique de la lune, avec des moyens autrement plus sérieux, ne verrait le jour que plus de vingt ans plus tard ? A ce propos, on ne pourrait qu’échafauder une belle théorie conspirationniste que j’énoncerais comme suit : les recherches scientifiques allemandes auraient dénoté une très considérable avance scientifique et technologique sur les Alliés (ce point a plus ou moins été confirmé, il semble en effet clair que les Alliés ont été très surpris de constater l’avance allemande de la recherche dans bien des domaines) et le fruit de ces travaux aurait été récupéré par les services secrets et à partir de l’opération Paperclip (une partie de l’intelligence nazie a bel et bien été réutilisée, notamment mais non exclusivement par les Américains). La plupart de ces récupérations auraient été tenues secrètes (il semble certain et prévisible que les Américains ne nous aient pas tout dit à ce sujet, mais il s’agit là d’un comportement militaire parfaitement traditionnel qui ne sort aucunement de l’ordinaire). La rétro ingénierie aurait alors été minimisée dans ses applications de manière à ne pas éveiller les soupçons des ennemis potentiels. En poursuivant dans cette optique, on en viendrait à devoir supposer que la conquête de la lune aurait été postposée de manière à donner le change. C’est là que cette théorie se casse lamentablement la figure car l’histoire nous rappelle que les soviétiques avaient pris une avance notable en la matière (ne perdons toutefois pas de vue que ces mêmes soviétiques étaient géographiquement les mieux placés pour récupérer les archives allemandes) pour se faire rattraper et battre sur le fil dans cette course à la lune lors du vol d’Apollo 11, en 1969. Les Américains auraient-ils donc fait à ce point semblant qu’ils auraient bien failli perdre l’enjeu suprême contre leur concurrent direct ? Quant aux soviétiques, malgré leur position privilégiée, ils n’auraient pu faire mieux que la seconde place, alors qu’ils auraient disposé de connaissances leur permettant de battre leur ennemi héréditaire à plate couture en allant se balader bien plus loin que notre satellite ? Vu sous cet angle, la théorie ne semble plus rien avoir de défendable. Et malheureusement, avant de tirer une conclusion quelconque, encore faudrait-il pouvoir juger correctement du contexte économique. La réponse sur ce point nous semble résider dans le fait que ce n’est pas la course à la lune qui a provoqué l’éclatement de l’ancienne URSS, mais peut-être bien la guerre d’usure avec les USA dans le cadre de la course à l’armement et notamment celui ayant recours à la bombe atomique. Autrement dit, l’URSS disposait encore de réserves suffisantes pour rivaliser avec l’Oncle Sam, avec l’avance qu’elle s’était octroyée elle n’aurait jamais dû se laisser piéger de la sorte mais au contraire aurait-elle dû asseoir son avance et s’assurer la suprématie définitive ou alors aurait-elle fait preuve d’un comportement incompréhensiblement timoré. Tout ceci nous semble donc invalider la théorie. Revenons un instant sur la question du carburant. Au début de la guerre, Hitler mise sur une guerre courte composée de manœuvres explosives prenant l’adversaire à la gorge et plaçant l’opposition devant des faits accomplis ne présentant plus guère de discussion. Une analyse fine des opérations mettra en évidence bien des lacunes à ces opérations mais Hitler n’en a cure, trop conscient de ce qu’il lui faut gagner non seulement l’espace vital qu’il revendique mais aussi la course au carburant. Pendant ce temps, le Japon se trouve à peu près dans la même situation. Or deux erreurs monumentales sont commises presque simultanément : le Japon attaque l’Amérique et l’Allemagne déclare la guerre à l’Oncle Sam, peu consciente de la sous-estimation qu’elle fait de ses adversaires. En effet, également désormais opposée à la Russie, l’Allemagne pèche par méconnaissance des distances et mépris de ses adversaires : le soldat américain est un nain et le russe un sous-homme ! Là où elle avait remporté des victoires « faciles » contre des pays plus ou moins limitrophes et européens, elle doit s’exporter à l’autre bout du monde sur des milliers de kilomètres qu’il ne suffit pas de conquérir mais qu’il faut également occuper. Le géant américain est inaccessible (Et Hitler rêvera d’un bombardement sur New-York, qu’il imagine être la capitale) et de l’autre côté les liaisons entre le front et la base s’étirent à perte de vue, asphyxiant progressivement la Wehrmacht, les divisions blindées, l’aviation et tout le reste. Dès 1942, l’issue de la guerre est toute tracée : l’Allemagne a perdu et ne peut plus que retarder l’échéance, sauf si… Sauf si les Wunderwaffen entrent en action et viennent changer le cours du conflit. L’Allemagne, qui ne peut se pourvoir correctement en carburant, est à bout de souffle. Elle peut utiliser le charbon dont elle dispose à suffisance afin de produire du carburant synthétique, mais l’opération est elle-même problématique et insuffisante, de sorte qu’un autre moyen de propulsion aurait été tout indiqué. C’est là que des systèmes anti-gravité, des procédés entièrement nouveaux et peut-être exotiques auraient fait merveille. Il y avait tout lieu de les mettre en œuvre si l’Allemagne en disposait ou était seulement susceptible de pouvoir en disposer à court terme. C’est donc là que les « soucoupes volantes » nazies auraient été déterminantes si elles avaient existé. Or donc, tous les efforts nazis auraient dû s’exercer dans cette voie. Cependant, il est absolument clair que ce n’est pas du tout ce qui s’est passé. De relativement timides tentatives d’incursion de l’Afrikakorps ont bien essayé de rejoindre l’Égypte, poussées par un Rommel audacieux, mais avec le résultat que l’on connaît. Hitler a continué à briguer le pétrole du Caucase, sans plus de succès et, en fait d’utilisation de Wunderwaffen il n’a songé qu’à essayer d’infléchir le moral britannique avec ses armes de représailles, lesquelles n’avaient strictement aucun rapport avec des « soucoupes volantes ». Dès lors, que raconte-t-on à propos de ces engins merveilleux ? Existait-il seulement un Allemand, vers la fin de la guerre, pour croire sérieusement que son invention allait pouvoir redresser une barque qui prenait l’eau de toutes parts ? Certes, la propagande nazie, Goebbels en tête, s’évertuait à le faire croire. Mais c’était bien plus afin de galvaniser le moral de ses propres troupes, redorer le blason et donner le change face à une défaite et une faillite annoncée. Même si des prototypes phénoménaux étaient en chantier, ils auraient souffert une énième fois d’un travers bien connu le l’armée allemande : le défaut de standardisation des pièces, dans lequel l’ennemi, USA en premier, faisait merveille. Là où les américains pouvaient se permettre de remplacer ses véhicules endommagés, grâce à d’énormes productions en série, les allemands étaient contraints de déployer des trésors de débrouillardise et d’ingéniosité afin de réparer leur matériel, l’armement bien trop souvent spécifique ne disposait que trop rarement de pièces interchangeables. Il en aurait donc été de même avec les soucoupes. En dehors de toutes ces considérations, il appert que les documents décrivant le travail réalisé sur ces engins sont entachés de nombreuses erreurs et, pis encore, de réelles affabulations : certains personnages-clés cités dans ces documents n’ont tout simplement même pas existé ! A ce propos, on peut citer un personnage qui a remarquablement bien porté son nom : Miethe, qui n’est qu’un… mythe (sauf Adolph, décédé en...1929) . On peut aussi citer un faussaire : Adamski, agissant apparemment afin de dissimuler des activités illicites ; un scientifique douteux en la personne de Schauberger dont le travail passa peu à la postérité en dépit de ses inventions soi-disant révolutionnaires. De nombreux spécialistes de l'aéronautique s'accordent pour dire que les plans incriminés n'avaient aucune chance d'aboutir à des engins opérationnels et ce pour de multiples raisons : on était en présence de non-sens, des systèmes qui ne pouvaient pas voler ou qui ne pouvaient atteindre de telles vitesses ou encore présenter de telles performances. Ajoutons encore au tableau la certitude de falsifications pour de très nombreux documents photographiques (certains faux sont même grossiers !) Dans de nombreux sites Web, on a recours à de simples dessins, sans doute jolis mais ne prouvant absolument rien si ce n'est une volonté de berner en propageant de fausses informations et en tentant de les faire avaler par le seul fait de leur nombre. Quant à de réelles sommités en rapport avec l’opération Paperclip, comme Von Braun, on ne voit que trop bien qu’elles ont suivi une voie toute tracée, celle de l’Aggregat qui proposait déjà un système de fusées à étages. Cessons là le massacre de l’invraisemblance ! Dans tout cela, que viennent faire les Ahnenerbe, les influences tibétaines, l’aryanisme, les opérations extraordinaires, le rayon de la mort, les attributs divins, les systèmes fantastiques tués dans l’œuf mais peut-être transférés en Antarctique ou en Argentine ? Ils viennent constituer une nébuleuse derrière laquelle se retrancheront les illuminés pour brouiller les pistes, jeter de la poudre aux yeux, ramifier la complication pour masquer les lacunes de leur argumentation et laisser des portes ouvertes au mysticisme. Mais dans quel but ? Certains webmasters peu soucieux de la vérité historique et eux-mêmes bernés par des arguments fallacieux et dépourvus de preuves acceptables auront cru les belles histoires publiées sur le Net et auront relayé cette information tout comme dans le cas de l’affaire de la Maison soi-disant hantée de Hem, à Villeneuve-d’Ascq. Les belles histoires apportent des visiteurs, elles font rêver et confèrent un semblant de notoriété à leurs auteurs. Il n’y a donc aucun intérêt à changer quoi que ce soit à leurs écrits même si la démonstration a été faite, de longue date (par le CERPI) que tout cela ne reposait sur aucun fondement sérieux. Dans certains cas, le procédé présente un autre bénéfice indirect : il est possible d’inclure des publicités dans les espaces Web et ces dernières peuvent être lucratives. Les mêmes surfaces permettent aussi de rebondir sur d’autres thématiques et de vanter les mérites de telle ou telle secte ou d’une quelconque couleur politique lorsqu’il ne s’agit pas d’une idéologie vaseuse ou puante. Chez certains, il s’agira de cultiver l’esprit revanchard, de prétendre que le IIIè Reich verra une prolongation et qu’Hitler ou l’un de ses disciples fera son retour messianique, peu importe si le caporal autrichien et peintre raté devait pour cela être plus que centenaire ! D’autres, dans leurs laïus délirants, trouveront le moyen de pointer du doigt la bannière étoilée pour l’affliger de tous les maux : US go home ! Il y en aura aussi pour juger opportun de récupérer l’hypothèse afin de discréditer une fois de plus l’Ufologie et les ufologues. Si parmi ces derniers il s’en est trouvé pour accorder quelque crédit à ces soucoupes nazies, ils sont soit très clairement minoritaires soit assez prudents pour relever le sempiternel « Et si… » en avouant un scepticisme de bon aloi et en reconnaissant qu’il existe une foule d’objections à formuler contre cette hypothèse. En matière d’étude sur les soucoupes volantes nazies, les ufologues ne se sont généralement pas trompés en prétendant qu’il s’agissait d’une fausse piste. Il était déjà certain que cette hypothèse aurait été incapable d’expliquer, à elle seule, le phénomène OVNI. Tout simplement parce que les observations d’OVNI sont bien antérieures à la WW2 (il s’en faut vraiment de beaucoup !) Ces mêmes ufologues ont surtout généralement démontré leur capacité à investiguer correctement, même sur les problématiques les plus embrouillées, sans se laisser influencer par des propos volontairement mystificateurs. Cela dit, il reste nombre de questions en suspens même si l’on peut déjà débroussailler le domaine, des questions qui reviennent souvent à la même hypothèse de départ. L’épopée du U-864 figure parmi celles-ci et prête, encore de nos jours, à controverse. La quantité de mercure embarquée laissait supposer des utilisations plus que suspectes et difficilement compatibles avec la guerre dans le Pacifique, comme le laissent supposer bien des historiens. En effet, l’obsolescence des cuirassés, les lacunes monstrueuses de Pearl Harbour, les problèmes de shipping, la disproportion des forces engagées, le fait d’avoir inconsidérément engagé un adversaire sous-estimé aux possibilités titanesques et d’être également occupé sur plusieurs fronts rendait la cause entendue d’avance. Sauf si des procédés totalement nouveaux et très efficaces étaient mis en œuvre. Or, on ne gagne pas une guerre en trompant ses alliés par une propagande fallacieuse. Il fallait donc que cela repose au moins sur une base valable. Le long terme ne pouvait même pas être envisagé car ni l’Allemagne ni le Japon n’avaient les moyens de se le permettre, le temps jouait contre eux sur tous les tableaux. On le sait, l’opération n’a finalement abouti qu’à une curieuse bataille marine et à un désastre écologique, mais quels étaient les objectifs réels ? C’est la MHD qui ravive le débat sans y répondre clairement, parce qu’il existe là aussi une sérieuse politique du silence, un certain Jean-Pierre Petit en sait quelque chose. Nul doute qu’il y ait, encore à l’heure actuelle, des pans entiers de la WW2 qui mériteraient d’être étudiés
très sérieusement et qui aboutiraient peut-être à d’étonnantes découvertes et/ou révélations mais les soucoupes nazies resteront une imposture, Hitler sera toujours aussi
mort, l’Allemagne nazie irrémédiablement vaincue et les OVNI momentanément toujours aussi inexplicables. SOMMAIRE UFOLOGIQUE - SOMMAIRE RUBRIQUE - ACCUEIL |