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Que ce soit dans les innombrables maisons hantées que l'on a pu répertorier de par le monde ou dans les non moins nombreux châteaux hantés (principalement en Écosse, peut-être à cause de l'influence celtique), ou encore dans des endroits divers et beaucoup plus inattendus, tels que des ascenseurs, des buildings modernes, des appartements classiques ou en pleine nature (comme quoi les fantômes résistent bien à la modernisation, cqfd), le comportement des fantômes est généralement assez semblable et semble répondre à un rituel traditionnel. Le rituel observé est souvent routinier, mélancolique et obscur. Au cours de la gigantesque chasse aux fantômes qui a été effectuée depuis des temps très reculés puisque les fantômes sont observés depuis la plus lointaine antiquité (en Grèce antique, en Égypte, à Rome, en dépit des époques et des tendances religieuses inhérentes aux régions), ceux-ci se sont toujours évertués à déjouer les efforts des chercheurs les plus perspicaces, en ne se montrant qu'au moment et que sur les lieux de leur choix, à des personnes choisies, mais rarement à celles qui souhaitent le plus ardemment les rencontrer. Nombre de chercheurs et de parapsychologues ont consacré un temps infini à mettre au point les moyens de prouver l'existence des fantômes. Le père de l'électricité et du phonographe, Thomas E. Edison, a lui-même étudié un appareil qu'il destinait à la communication avec les esprits. Harry Price, quant à lui est probablement le plus connu des chasseurs de fantômes. Fondateur en 1926 du National Labotary of Psychical Research et parapsychologue pendant près de trente ans, il consacra dix-huit années de sa vie aux spectres du presbytère de Borley dans le Suffolk, l'endroit réputé le plus hanté en Angleterre sinon au monde. Le presbytère de Borley et l'affaire qui s'y rapporte est d'ailleurs étudiée dans ce dossier.
Les points qui précèdent peuvent s'expliquer de la
manière suivante, bien que, rappelons-le, nous restons dans l'expectative quant à l'au-delà, faute d'expériences suffisantes à l'heure actuelle. L'aura du défunt ayant donc
perdu son enveloppe charnelle peut connaître un moment de trouble intense. Puisqu'elle vient de perdre son alter ego, il est assez prévisible qu'elle se trouve au moins
momentanément désemparée. Si l'on admet l'éventualité selon laquelle cette "âme" (l'assimilation théologique sera ici peut-être rejetée par les athées mais le mot est
utilisé comme synonyme afin d'éviter la répétition. Quoi qu'il en soit, la racine grecque du mot, "psy" en l'occurrence, ou plus exactement "psukè", peut servir
d'approximation pour désigner le même élément dans le cas qui nous concerne) ne trouve pas le repos, la quiétude offerte par un "paradis" (terme utilisé ici à défaut d'un
terme scientifiquement acceptable et plus approprié) ou que ce dernier lui soit refusé par des instances dont il ne nous est pas permis d'évoquer l'identité sans alimenter
une fois encore la controverse, l'aura se trouve ipso facto investie d'une "liberté" qui sera aussi une entrave car elle appréhendera mal la façon de s'en servir, ou d'une
mission dictée par la tâche qui avait été entamée pendant le vivant du sujet et qu'elle se propose de poursuivre avec les moyens du bord,
c'est-à-dire avec une notion de répétitivité aussi insistante qu'inutile. Il n'est dès lors pas étonnant que son comportement s'apparente à une routine rituelle et assez
incompréhensible. Pour connaître les desseins de ce fantôme, il faudrait donc étudier la vie de l'individu défunt mais aussi connaître exactement les buts qu'il poursuivait,
ses intentions, sa logique, toute une histoire qui, somme toute, échappe le plus souvent aux enquêteurs qui croient avoir affaire à une entité distincte. Comme
l'observation de fantôme n'est pas forcément directement la suite du décès, il peut se passer un laps de temps plus ou moins important entre l'apparition et le décès,
ce qui rend les recherches encore plus difficiles. Encore fallait-il faire le rapprochement et la tâche devient encore plus ardue lorsque plusieurs personnes ont trouvé
la mort au même endroit, à des époques différentes, dans un contexte étranger et avec une histoire totalement sans rapport.
Que le rituel observé paraisse mélancolique semble très facile à expliquer au regard de ce qui précède. Une personne morte de chagrin (cela existe) a peu de chances de
laisser une aura particulièrement joyeuse. La mort est elle-même rarement perçue comme une partie de plaisir surtout lorsqu'elle est violente. Tout ce genre de choses
influencera donc l'aura et son comportement. Il n'est donc pas étonnant de rencontrer les fantômes tristes, porteurs de message(s), ou coléreux et teigneux, voire
agressifs.
Mais voilà qui nous fait arriver à un autre chapitre : les fantômes (entendons donc : les "auras") peuvent-ils représenter un danger quelconque pour les vivants, ce qui constituerait alors une raison valable d'en avoir peur et de leur faire la chasse ?
Disons tout d'abord que si les gens ont peur des fantômes,
c'est principalement parce qu'ils ne les connaissent pas. La narration d'histoires de fantômes s'accompagne toujours de connotations inquiétantes. L'observation de fantômes
provoque un trouble légitime, une inquiétude due à la méconnaissance qui s'apparente un peu à la classique peur des étrangers. Pourtant, il est manifeste que s'il existe
des fantômes "à sale caractère", il en existe aussi, en revanche, de parfaitement pacifiques, voire des fantômes qui se contentent de faire des blagues inoffensives. Le
cas semble toutefois beaucoup plus rare.
La simple logique nous fait dire aussi que l'on connaît bien peu de gens (voire pas du tout) qui ont trouvé la mort à cause de fantômes (vous en connaissez, vous ? A part
dans les films, évidemment...) Par contre, il existe de nombreux cas de personnes qui n'ont pu supporter les apparitions fantomatiques et qui ont du quitter (normalement
ou précipitamment) leur logis parce que la vie y était devenue impossible. Remarquons au passage que dans ce cas, serait-on tenté de rétorquer, les fossoyeurs ou les
personnes qui vivent à côté d'un cimetière auraient déjà du rendre de très nombreux témoignages en ce sens. Or ce n'est pas le cas. Tout au plus observe t-on parfois des
feux follets, lesquels sont totalement inoffensifs.
Mais on pourrait répondre à cela que les personnes enterrées dans les cimetières n'ont pas eu de problèmes avec leurs auras. Tous les décès ne sont pas forcément tragiques,
toutes les auras ne sont pas des "âmes en peine". Dans la plupart des cas, les croyants défunts ont reçu l'extrême onction, ont été enterrés dans les règles de l'art
(et pas emmurés vivants, par exemple), leur décès a fait l'objet de la célébration d'une messe, des prières ont été faites. Tout ceci réduit donc théoriquement la
propension d'auras possibles. Les cimetières n'étant que des lieux "standards" de repos pour les trépassés, si des auras devaient en provenir, on peut aussi supposer
que celles-ci regagnent rapidement leur lieu de résidence ou tout du moins partent à la recherche de celui-ci, afin de retrouver un contexte familier (et moins macabre).
Mais la véritable question qui se posait à propos de l'inquiétude vis-à-vis du danger présenté par les fantômes doit s'exprimer autrement :
"Les fantômes (ou auras) ont-ils la possibilité matérielle de nuire aux vivants"?
Encore une fois, des connaissances insuffisantes en matière d'au-delà doivent nous inciter à la prudence en ce qui concerne la réponse à cette question. De prime abord, on
serait tenté de répondre par la négative puisque le fantôme est immatériel, intangible, il n'a pas vraiment de substance. Dès lors, comment ferait-il pour infliger des
coups, par exemple ?
Il n'est certainement pas évident de trancher valablement sur le sujet. D'une part, il faudrait pouvoir faire référence à des cas absolument
authentiques, ce qui n'est déjà pas si simple. Ferions nous allusion à l'affaire d'Amityville
et de la famille Lutz qui en 1975 sous le coup d'une terreur sans nom, quittait leur nouvelle maison vingt-huit jours après s'y être installés. Cette maison qui fut en 1974
le théâtre d'un sextuple meurtre connut la célébrité à la suite du récit détaillé du cauchemar vivant des Lutz qui fut vendu à cinq millions d'exemplaires aux USA. Le film
«Amityville, la maison du diable» fut inspiré de ce livre. Dans un premier temps, on croyait tenir le "scoop", la preuve de l'existence des fantômes (dangereux de surcroît)
par Amityville. Par la suite, on a crié au canular gigantesque, au prétexte pour "faire du fric".
Après cela encore, on a avancé l'hypothèse selon laquelle on avait fait courir le bruit qu'il s'agissait d'une vaste blague afin de mettre un terme aux vagues de curieux
innombrables qui défilaient à Long Island pour voir la maison maudite, empêchant tout le monde de dormir, provoquant des problèmes de circulation, etc. Quel est le fin mot
de l'histoire ? Lisez plutôt notre dossier en cliquant sur le lien ci-dessus).
Le presbytère de Borley défraya lui aussi la chronique. Nous n'épiloguerons pas non
plus à ce sujet qui fait l'objet d'autres pages de ce dossier, mais nous retiendrons pour l'instant que des habitants de ces lieux ont avoué avoir participé eux-mêmes à la
supercherie. Disons aussi que le grand Harry Price, lui-même, a été accusé de la même manière.
On l'a dit, les fantômes ne se laissent pas étudier si facilement, ils s'amusent à brouiller les pistes. Dommage, car dans le cas du presbytère de Borley, une personne
avait eu à se plaindre d'un fantôme pour en avoir reçu une fameuse gifle !
Nous traiterons donc dans l'absolu pour nous demander si une aura peut exercer une action matérielle et donc éventuellement préjudiciable.
A priori, la réponse est toujours négative. Mais il faut se méfier des a priori. A priori, il est impossible à une faible femme de soulever un tram. C'est pourtant ce
qui s'est passé à Bruxelles dans les années 60, alors que celle-ci avait anticipé rapidement un accident imminent dans lequel sa fille aurait été écrasée et tuée par un
tram. En fait, cette dernière se trouvait effectivement bel et bien sur les rails, coincée sous la motrice et souffrait un martyr. C'est à ce moment que la mère piqua
"une crise de nerfs" monumentale et, dans un instant de "folie passagère" et inexplicable rationnellement, souleva un instant le lourd appareil, ce qui dégagea sa fille.
Directement après, la mère s'évanouit, tant par l'émotion que par l'effort accompli. Mais où donc avait-elle été chercher les ressources physiques pour se livrer à un tel
exploit digne du livre des records ? On peut imaginer que, sous le coup de l'émotion, cette dame a puisé jusqu'au fond toute l'énergie et la force dont elle disposait.
Cela laisse à supposer que l'être humain n'utilise qu'une faible partie de ses possibilités, en grand paresseux qu'il est, tout comme c'est le cas pour le cerveau dont il
est bien connu que nous n'utilisons qu'un très faible pourcentage des ressources.
Tout ceci pour dire que l'aura, bien qu'intangible et quasiment impondérable, pourrait éventuellement (nous restons prudents) sous le coup d'une forte émotion, d'une
contrariété intense, se condenser et provoquer un choc.
Il ne faut pas oublier non plus d'autres possibilités en rapport avec le paranormal, telles que la psychokinésie ou la télékinésie, phénomènes qui consistent à déplacer des
objets à distance. Si le seul psychisme peut y arriver, cela relève évidemment aussi par excellence du domaine de l'aura. Dès lors, il n'est pas étonnant que les
apparitions de "fantômes" puissent être accompagnées de déplacements d'objets, voire de projections et que celles-ci puissent évidemment devenir dangereuses.
Autrement dit, l'aura est un élément bien pratique pour expliquer les apparitions de fantômes, tout semble concorder de manière plausible et s'articuler autour d'une logique inattaquable. L'existence de l'aura présente aussi l'avantage d'être actuellement reconnue scientifiquement bien qu'encore peu explorée et donc peu connue. Ce n'est que normal puisque, de tout temps, les scientifiques ont rejeté systématiquement ce qu'ils ne pouvaient quantifier, peser, mesurer, etc. Ce n'est pas pour rien que la psychologie apparaît parfois comme le parent pauvre de la médecine, ce qui n'empêche toutefois pas les portefeuilles des psy, eux, d'être bien pleins!
Tout ceci nous amène à dire que si, jusqu'ici, parapsychologues et enquêteurs de tout poil n'ont rien pu faire pour expliquer le phénomène des fantômes, c'est d'une part qu'ils ne possédaient pas encore les connaissances actuelles et d'autre part qu'ils ne cherchaient pas au bon endroit, ne frappaient pas aux bonnes portes. Travaillant avec les moyens du bord, ils ne procédaient pas aux raisonnements logiques adéquats, se laissaient influencer par des idées religieuses primaires, oubliaient la symbolique et n'avaient pas accès à l'histoire des individus concernés. Il leur manquait notamment le fruit des expériences de Raymond Moody, lesquelles constituent la base de l'hypothèse ici avancée.
Ajoutons pour terminer (pour l'instant) que le sujet de l'aura a ici été très nettement simplifié et schématisé. En réalité, le sujet est beaucoup complexe, mais comme il ne constitue pas réellement l'objet principal du dossier, nous n'avons pas voulu vous embarrasser de notions ardues. Nous reviendrons sur le sujet dans un dossier ad hoc (comme le dirait le capitaine !)
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