Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

La base de Chièvres (Belgique)


La base aérienne de Chièvres (Chièvres Air Base), située en Belgique dans la province de Hainaut, est une installation militaire stratégique majeure. Bien que propriété de la Composante Air belge, elle est exploitée par l'armée américaine et sert de hub logistique principal pour le Grand Quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE) de l'OTAN, situé à Mons.
 
Rôle Stratégique et Gestion Actuelle

La base de Chièvres fonctionne comme un point d'entrée aérien sécurisé pour le personnel de haut rang et le matériel militaire de l'Alliance Atlantique.
Le gestionnaire américain : L'infrastructure est exploitée au quotidien par le USAG Benelux (U.S. Army Garrison Benelux) et le 86th Air Transport Wing de l'US Air Force.
Le pont aérien du SHAPE : Sa mission principale est de fournir un support d'aérodrome au Commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR). Elle accueille les avions de transport transportant les délégations internationales, les chefs d'État et le personnel militaire de l'OTAN en transit vers le quartier général de Mons.
Hub logistique : Ses vastes hangars et pistes permettent le déploiement rapide de troupes et de fret lourd en cas de crise en Europe, fonctionnant en coordination étroite avec la base de Ramstein en Allemagne.

Origine et Histoire

Le site de Chièvres possède un passé historique lourd, ayant changé de mains à plusieurs reprises au cours des conflits du XXe siècle :
Création par l'occupant (1917) : Le terrain est initialement aménagé par l'armée allemande pendant la Première Guerre mondiale comme aérodrome de campagne.
L'entre-deux-guerres et la Luftwaffe : Devenue une base de l'aviation belge, elle est capturée par l'Allemagne en 1940. La Luftwaffe la transforme en une base de bombardiers lourds hautement développée, construisant des pistes en béton pour lancer des raids contre l'Angleterre.
La libération (1944) : Reprise par les Alliés, elle sert de base d'attaque pour les chasseurs-bombardiers américains (P-47 Thunderbolt) harcelant les lignes allemandes.
Le basculement OTAN (1967) : Suite au retrait de la France des structures intégrées de l'OTAN et au déménagement du SHAPE de Paris vers Mons, la Belgique confie officiellement la gestion de l'aérodrome à l'armée américaine pour soutenir le nouveau QG.
 
Infrastructures et Vie de la Base

La base constitue une véritable enclave américaine ("Little America") au cœur de la campagne hainuyère.
La piste principale : D'une longueur de 2 500 mètres, elle est capable d'accueillir des avions de transport massifs tels que les Lockheed C-130 Hercules, les Boeing C-17 Globemaster III, ainsi que des hélicoptères de combat.
La garnison : Le complexe comprend des logements pour les militaires américains et leurs familles, une école américaine (AFNORTH), des centres commerciaux militaires (PX/Commissary), et des infrastructures sportives.
Le Chievres Air Fest : La base ouvre régulièrement ses portes au public belge lors d'événements communautaires et de mini-meetings aériens pour célébrer les relations bilatérales et l'anniversaire de la libération.

1. Les types d'aéronefs en transit à la base de Chièvres

Bien que la base aérienne de Chièvres ne possède pas d'escadrilles de chasseurs basées à l'année, sa piste de 2 500 mètres et ses larges zones de parking en font une escale et une plateforme de projection de premier ordre pour l'OTAN. Quatre grandes catégories d'aéronefs y transitent régulièrement :
Avions de transport de VIP (Liaison gouvernementale) : C'est le transit le plus fréquent en raison de la proximité du SHAPE. La base accueille continuellement des Gulfstream V (C-37A) opérés par le 309th Airlift Squadron basé sur place, transportant des généraux, diplomates et chefs d'État. Des appareils officiels comme le Boeing C-32 (Air Force Two) ou des avions gouvernementaux européens s'y posent régulièrement.
Avions de transport de fret lourd (Logistique spatiale) : Pour acheminer le matériel lourd, les munitions ou les véhicules blindés des forces alliées, la base reçoit fréquemment des Lockheed C-130 Super Hercules (américains et belges) et des Boeing C-17 Globemaster III. Plus rarement, l'imposant Lockheed C-5 Galaxy ou le nouvel Airbus A400M de la Composante Air belge y effectuent des rotations d'acheminement stratégique.
Hélicoptères de combat (Rotations majeures) : Chièvres sert de zone de regroupement intermédiaire clé ("Staging Area") pour l'U.S. Army lors des rotations de l'opération Atlantic Resolve. Des dizaines d'hélicoptères lourds CH-47 Chinook, de transport UH-60 Black Hawk et d'attaque AH-64 Apache s'y posent en masse pour y être inspectés et ravitaillés avant d'être déployés vers l'Europe de l'Est.
Chasseurs et aéronefs multinationaux (Exercices) : Lors de grands exercices de l'Alliance ou lors de l'événement annuel du Chièvres Air Fest, la base accueille temporairement des avions de combat (F-16, F-35 ou Eurofighter) venus de toutes les nations de l'OTAN.

2. L'organisation de la sécurité conjointe belgo-américaine

La base de Chièvres présente une structure juridique et opérationnelle unique : le terrain appartient à l'État belge, mais l'infrastructure est gérée et sécurisée par les forces américaines sous mandat de l'OTAN. La protection de ce site stratégique repose sur une coopération binationale étroite, encadrée par des exercices réguliers de sécurisation :

La police militaire américaine (US Army PM & USAF Security Forces) : La gestion interne de la sécurité de l'installation revient au U.S. Army Garrison Benelux (USAG Benelux) et au 424th Air Base Squadron de l'US Air Force. Ils assurent le contrôle strict des points d'accès (portails équipés de barrières anti-béliers modernes), la surveillance des pistes, des hangars et le filtrage rigoureux des identités (système d'accès DBIDS).
Les unités de K9 (Chiens de défense) : La base abrite un contingent de brigades cynophiles militaires américaines (Military Working Dogs - MWD) spécialisées dans la recherche d'explosifs, de drogues et dans la patrouille de combat le long des clôtures du périmètre.
La coopération avec les forces belges : La Composante Terre de l'armée belge (notamment les Para-Commandos / Special Operations Regiment) réalise régulièrement des exercices de défense de base tactique (STX) conjointement avec les unités de transmission et de sécurité américaines. En cas de menace asymétrique ou d'alerte antiterroriste majeure, les forces belges se déploient en renfort à l'extérieur et aux abords du périmètre.
Partenariat avec les forces de l'ordre locales et fédérales : L'USAG Benelux maintient des protocoles d'intervention conjoints avec la Police Locale belge et la Police Fédérale. Des entraînements communs réguliers simulent des intrusions, des menaces actives ou des accidents aéronautiques majeurs afin de fluidifier la communication et la chaîne de commandement entre les militaires américains et les autorités civiles belges.

Histoire

L’histoire de la base aérienne de Chièvres est intimement liée aux grands conflits du XXe siècle et à la reconfiguration géopolitique de l’Europe. Son évolution s'articule autour de quatre grandes époques.
1. La Première Guerre mondiale : La création par l'occupant allemand (1917 - 1918)
Le potentiel stratégique des plaines de Chièvres est identifié pour la première fois par l'armée impériale allemande durant l'occupation de la Belgique.
Aérodrome de campagne : En 1917, les Allemands confisquent des terres agricoles pour aménager un terrain d’aviation rudimentaire.
Mission : Le site sert de base de dispersion et de ravitaillement pour les biplans de la Luftstreitkräfte engagés sur le front de l'Ouest.
L'entre-deux-guerres : Après l'Armistice, le terrain est restitué à la Belgique. L'Aéronautique Militaire Belge y maintient une activité aéronautique minimale, utilisant le site principalement pour des exercices d'entraînement.

2. La Seconde Guerre mondiale : La transformation par la Luftwaffe (1940 - 1944)

En mai 1940, l'Allemagne nazie envahit la Belgique. La Luftwaffe saisit immédiatement le terrain de Chièvres et décide d'en faire une base aérienne majeure et permanente.
Infrastructures lourdes : Les ingénieurs allemands coulent les premières pistes en béton de la base. Ils construisent de vastes hangars, des ateliers de réparation et des bunkers de commandement camouflés dans les bois environnants.
La Bataille d'Angleterre : Chièvres devient une base opérationnelle de premier plan pour les bombardiers lourds allemands (tels que les Heinkel He 111 et Junkers Ju 88) menant des raids nocturnes destructeurs contre le Royaume-Uni.
La Libération (1944) : En septembre 1944, face à l'avance alliée, la Luftwaffe évacue le site en sabotant une partie des installations. L'armée américaine (U.S. Army Air Forces) s'en empare et répare les pistes en urgence. Elle y déploie le 365th Fighter Group équipé de chasseurs P-47 Thunderbolt pour harceler les troupes allemandes en retraite et soutenir la future bataille des Ardennes.

3. L'après-guerre et l'âge d'or des Spitfire belges (1945 - 1967)

Après la capitulation de l'Allemagne, la base est rendue à la Belgique en 1947. Elle va alors connaître l'une de ses périodes opérationnelles les plus intenses sous les couleurs nationales.
Le 7ème Wing de Chasse : Chièvres devient la maison mère de cette unité d'élite de la nouvelle Force Aérienne Belge.
Transition vers les Jets : La base accueille d'abord les mythiques chasseurs à hélices Supermarine Spitfire. Au début des années 1950, elle opère la transition vers l'ère des avions à réaction en accueillant les Gloster Meteor, puis les Hawker Hunter.
Fermeture temporaire : En 1963, pour des raisons de restrictions budgétaires et de réorganisation de l'espace aérien, la Force Aérienne Belge décide de dissoudre le 7ème Wing et de mettre la base en veilleuse.

4. Le basculement OTAN et l'arrivée des Américains (1967 à nos jours)

Le destin de Chièvres bascule radicalement en 1966 lorsque le président Charles de Gaulle décide de retirer la France du commandement militaire intégré de l'OTAN.
Le déménagement du SHAPE : Le Grand Quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE) doit quitter d'urgence la région parisienne. La Belgique accepte de l'accueillir et l'installe à Casteau (Mons).
Un aérodrome pour le SACEUR : Le SHAPE ayant un besoin impératif d'un accès aérien hautement sécurisé à proximité immédiate pour son commandant suprême (le SACEUR) et les délégations internationales, le gouvernement belge met la base de Chièvres à la disposition de l'armée américaine.
L'accord de 1967 : Un traité bilatéral confie officiellement l'exploitation et la gestion de la base aux forces armées des États-Unis. Depuis cette date, Chièvres s'est transformée en une véritable plateforme logistique multinationale moderne, indispensable au fonctionnement politique et militaire de l'Alliance Atlantique en Europe.

1. Les vestiges historiques de la Luftwaffe à Chièvres

La Luftwaffe a profondément restructuré l’aérodrome de Chièvres entre 1940 et 1944 pour en faire une base de bombardement de premier ordre. Malgré les bombardements alliés et les décennies de modernisation, plusieurs structures d'époque subsistent dans la base et la campagne environnante :
Le « Pilz » (Le Champignon) : C'est le vestige le plus célèbre de la base. Situé dans les zones boisées périphériques, ce hangar en béton armé adopte une forme circulaire unique. Conçu pour camoufler un bombardier lourd (comme le Junkers Ju 88) sous la végétation, sa forme empêchait les avions de reconnaissance alliés de détecter les ombres rectilignes au sol.
Les pistes de dispersion et chemins de roulement (Rollbahnen) : Le réseau de pistes actuel conserve le tracé géométrique imposé par les ingénieurs allemands. En dehors du périmètre sécurisé, plusieurs sections d'anciennes pistes de liaison en béton d'époque sont aujourd'hui utilisées comme chemins agricoles ou routes locales par les riverains.
Les bunkers de commandement et de stockage : Plusieurs blockhaus en béton épais, destinés au stockage des munitions de bombardement et à la protection du personnel contre les raids aériens, jalonnent encore les lisières de la base. Certains ont été scellés pour des raisons de sécurité, tandis que d'autres servent de zones de stockage passif.

2. Le déménagement historique du SHAPE (1966 - 1967)

Le transfert du SHAPE (Supreme Headquarters Allied Powers Europe) de la France vers la Belgique représente un tournant logistique et politique majeur de la guerre froide, réalisé dans un temps record.
La crise de 1966 : Le 7 mars 1966, le président Charles de Gaulle annonce officiellement le retrait de la France de la structure militaire intégrée de l'OTAN. Il exige que toutes les forces militaires étrangères et les quartiers généraux interalliés quittent le territoire français avant le 1er avril 1967, ne laissant qu'un an aux Alliés pour se réorganiser.
Le choix de la Belgique : Face à l'urgence, le Conseil de l'Atlantique Nord choisit la Belgique pour accueillir le cœur militaire de l'Alliance. Le site d'un ancien camp militaire de l'armée belge à Casteau (Mons) est sélectionné pour sa position centrale en Europe et sa proximité avec les axes autoroutiers.
Un chantier colossal : Les travaux débutent à Casteau en octobre 1966. En l'espace de seulement six mois, les ingénieurs construisent un complexe administratif complet, des centres de communication souterrains ultra-sécurisés, des logements pour des milliers de familles et des écoles internationales.
L'activation de Chièvres : Le SHAPE ne disposant pas de pistes d'atterrissage à Mons, la base aérienne de Chièvres (située à une vingtaine de kilomètres) est officiellement réactivée et transférée sous commandement américain le 31 mars 1967. Le lendemain, 1er avril 1967, le drapeau de l'OTAN est hissé lors de la cérémonie officielle d'inauguration à Mons, marquant le respect strict de l'échéance fixée par la France.

1. Les personnalités militaires clés du déménagement du SHAPE

Le transfert logistique et politique du SHAPE entre Rocquencourt (France) et Casteau (Belgique) a été orchestré par des figures militaires majeures de la guerre froide :
Le Général Lyman Lemnitzer (SACEUR) : Ce général américain, Commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) de 1963 à 1969, a directement géré la crise face à Charles de Gaulle. C'est lui qui a supervisé la planification d'urgence pour évacuer les tonnes de matériel informatique, de transmissions cryptées et d'archives secrètes hors de France en moins d'un an, tout en maintenant la continuité opérationnelle face au Bloc de l'Est.
Le Général Baron Charles de Cumont : Ce général belge présidait le Comité militaire de l'OTAN à l'époque. Il a joué un rôle d'intermédiaire crucial entre le commandement américain et le gouvernement belge pour accélérer les procédures d'expropriation et de construction à Casteau, ainsi que le transfert de la base de Chièvres à l'U.S. Air Force.
Le Lieutenant-Général Albert Crahay : Chef de l'état-major général de la Force aérienne belge, il a géré la réaffectation technique de la base de Chièvres (alors inutilisée depuis la dissolution du 7ème Wing) pour la transformer en un temps record en hub d'accueil pour la flotte de liaison du SACEUR.

2. L'impact de l'arrivée américaine sur la région (Mons-Borinage et Ath)

L'installation du SHAPE et l'arrivée de l'armée américaine à Chièvres en 1967 ont provoqué un véritable choc culturel et économique dans une région marquée par le déclin des industries charbonnières et sidérurgiques.
Le boom immobilier et de la construction : Le chantier de construction du SHAPE a employé des milliers d'ouvriers locaux. Par la suite, l'arrivée soudaine de près de 10 000 militaires, fonctionnaires internationaux et leurs familles a créé une demande massive de logements locatifs dans les communes d'Ath, Chièvres, Soignies et Mons, dopant l'économie locale.
L'apparition de la "Little America" : La base de Chièvres et le site du SHAPE sont devenus des enclaves culturelles. Pour la première fois, la région a vu apparaître des supermarchés militaires (Commissaries), des cinémas diffusant des films hollywoodiens en avant-première, des terrains de baseball et des fast-foods typiquement américains, introduisant des modes de consommation inédits pour la population locale.
Emplois civils et intégration : L'armée américaine et les structures de l'OTAN sont devenues l'un des principaux employeurs de la région. Des centaines de civils belges ont été engagés pour l'entretien des infrastructures, l'administration, la maintenance technique des aéronefs à Chièvres et la sécurité périphérique.
Le Chievres Air Fest et brassage culturel : Au fil des décennies, des mariages binationaux ont scellé l'intégration de la communauté militaire. Des événements populaires comme le Chièvres Air Fest (fête du 4 juillet ou commémorations de la Libération) sont devenus des rendez-vous incontournables, attirant des dizaines de milliers de citoyens belges venus découvrir la culture américaine.

En partant d'Arc-Wattripont et en essayant de suivre la piste d'Yves Simoulin quant à une base militaro-extraterrestre, laquelle nous avait emmenés (par hasard) à la base de la région des collines et de son radar (La Houppe, Flobecq), nous avons suivi la piste de celle de Chièvres et du Mont Kemmel, un peu par hasard, par proximité ou jusqu'auboutisme et...en passant par Ramstein (en Allemagne), vous jugerez du résultat : incroyable !

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