Centre d'Études et de Recherches

sur les phénomènes Inexpliqués

Visite chez le garde-champêtre


L'habitation du garde champêtre se trouvait dans la localité voisine, c'était une belle villa. La dame des fleurs maudites, que nous appellerons L. nous introduisit et nous présenta. L'homme nous fit entrer et nous présenta son épouse.
Le policier était retraité et après quelques mots de convenance, le vif du sujet fut abordé.
Contrairement à ce que nous imaginions, son récit ne prêchait pas du tout pour l'authenticité des faits. Il confirmait pleinement qu'il était bien sûr allé dans la maison que l'on avait tant qualifiée de hantée et que l'affaire avait effectivement été abondamment relayée dans les médias, mais que selon lui les choses ne reposaient que trop visiblement sur la supercherie pure et simple.
Déjà, il connaissait les Dubart depuis longtemps et leurs histoires à dormir debout ne l'impressionnaient plus depuis belle lurette. "Ils voient des tas de choses qui n'existent que dans leur imagination, des ombres, des fantômes, même des extraterrestres" - ou en tous cas, cela ne l'étonnerait pas plus que ça.
Mais dans la fameuse affaire en question, il était allé sur place et avait rencontré le jeune homme considéré comme l'épicentre des phénomènes, le soi-disant possédé. Mais il ne l'était pas plus que vous et moi. En fait, quand j'étais là, je ne le lâchais pas d'une semelle, je le tenais à l'œil... A chaque fois, il essayait de me distraire ou de se soustraire à ma surveillance. Mais je ne cédais jamais à ses tentatives de diversion. Et comme par hasard, rien ne se produisait. Ses collègues de la gendarmerie avaient donc été bien naïfs..."

"D'après ce que nous en savons, un téléphone aurait traversé la pièce devant les policiers ou les gendarmes, peut-être les deux, la prise se serait arrachée toute seule, avec une extrême violence. Vous avez une explication à cela ?"

"Mais c'était facile ! Comme je vous l'ai dit, il essayait toujours de détourner l'attention et puis il a simplement tiré sur le fil du téléphone avec son pied, ce qui a arraché la prise en même temps que le téléphone tombait par terre. Alors tout le monde a prétendu que c'était inexplicable. Mais c'était une grossière imposture !"

"Donc, pour vous, tout cela ne reposait sur rien de bien sérieux. On en a fait toute une affaire dans les journaux ou à la télévision, à la radio par simple exagération médiatique ?"

"Mais vous savez comme moi comment les choses se passent, n'est-ce pas ? D'un petit rien on grossit tout par besoin de sensationnalisme..."
L'épouse du garde champêtre prit la parole :

"C'est un peu comme au music-hall. Les gens vont pour voir du spectacle, du merveilleux. Ils voient ce qu'ils veulent voir et cela leur paraît fantastique mais ils savent bien qu'il y a un truc."

L'ancien policier reprit la parole :
"De toute façon, moi je ne crois pas à tous ces trucs. Il y a toujours une explication !"

Sa femme reprit :
"Il y a quand même l'histoire de cette guérisseuse, qui..."

Il l'interrompit, histoire de reprendre la narration à son compte. "Ah oui ! Il y a dans le coin une sorte de rebouteuse, de guérisseuse, appelez ça comme vous voulez, qui paraît-il réussissait des "miracles". Apparemment, beaucoup se sont adressés à elle et ont été guéris. Un jour, j'ai eu une entorse au pied et je l'ai appelée, un peu par curiosité. Elle est donc arrivée, elle a apprêté ses affaires et quand elle s'est penchée sur moi elle m'a dit :

"Je suis désolée, mais je ne pourrai rien faire pour toi. Parce que tu es sceptique et que ça ne marchera pas."

Là dessus, M. Vanbockestal ne voulut pas faire durer la conversation davantage, car il fallait en venir au fait au plus vite et tenter d'approcher les propriétaires eux-mêmes. Il rappela donc qu'il écrivait un livre dont un chapitre portait sur cette affaire et expliqua le risque qui résidait à les contacter en direct. Par contre, l'intermédiaire du garde champêtre pouvait constituer un "Sésame ouvre-toi" qui serait précieux, puisqu'il connaissait bien ces personnes - et vice versa.

Le garde champêtre sembla hésiter un peu et le Président du CERPI y alla d'un autre coup à sa façon : il sortit son GSM et dit :
"Si vous voulez, j'ai leur numéro, vous pouvez utiliser mon téléphone..."

"Non ! Non ! J'ai aussi un GSM, je vais les appeler..."

Il s'exécuta donc et, quelques instants après, le Sésame avait fonctionné à merveille et les propriétaires étaient d'accord de nous recevoir si nous y allions tout de suite puisqu'ils étaient à la maison.

Les portes de la maison "la plus hantée de Belgique" (qui semblait pourtant avoir un peu pâli suite aux commentaires du garde champêtre) s'ouvraient enfin au CERPI...


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