Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

Le château de Beersel


Il est un fait très curieux que la plupart des bruxellois eux-mêmes ignorent. Si l'on part de Bruxelles et plus précisément du palais de justice, ce haut lieu du mystère belge comme nous l'avons présenté dans notre dossier "l'Aventure fantastique", et que l'on se dirige vers les faubourgs de la capitale belge, c'est-à-dire en passant successivement par les communes de Saint-Gilles et de Forest - Uccle, on passe à proximité de la porte de Hal, cette fameuse tour qui gardait autrefois l'accès à la grande cité et on suit ensuite l'une des artères principales. Il s'agit sans doute de la chaussée de Waterloo, peu importe : il nous suffit de savoir que l'on respecte jusque là une ligne absolument droite, bien visible en consultant le logiciel Google Earth.

Si l'on poursuit sur sa lancée, toujours rigoureusement en droite ligne et en s'éloignant de Bruxelles, on frôle le parc de Forest et le parc Duden cher à Léopold II (ce qui présente une première bizarrerie mais, reconnaissons-le, il n'y a pas de quoi fouetter un chat !) La suite du périple s'annonce moins droite, mais mettons les points sur les "i": si la route est, il est vrai, un petit peu plus capricieuse et moins respectueuse de la géométrie la plus stricte, il n'en est pas moins vrai que l'esprit général suit toujours une direction parfaitement semblable, un peu comme si l'on avait voulu brouiller les pistes, que tout ne soit pas trop beau pour être vrai, que les choses ne soient pas vraiment trop flagrantes. Bref, on continue en ligne droite (avec un tout petit peu de bonne volonté, mais il n'en faut vraiment pas des tonnes !) Et l'on se retrouve au château de Beersel !

Le palais de justice de Bruxelles et ses mystères, contenant probablement une porte vers un univers parallèle, la non moins étrange porte de Hal (voir notre rapport), Léopold II et son attachement pour le parc Duden, une ligne droite pour relier le tout, il n'en faut pas plus pour mettre la puce à l'oreille de tout bon enquêteur... surtout si le château auquel on aboutit a la réputation d'être hanté !

Or donc, voilà qui s'annoncerait bien dans le cadre d'une nouvelle enquête du CERPI. Mais nous connaissons fort peu de choses à propos de l'édifice. Il y a de cela quelques mois, une petite escapade familiale nous avait amené un peu fortuitement dans la région et nous avions fait le crochet pour venir voir les ruines du vénérable témoin du passé. Mais le spectacle était plutôt désolant : le château est sinon vraiment en ruines du moins très délabré, c'est le moins qu'on puisse dire, ses douves sont asséchées, l'accès est interdit par des barrières et il y a peu de monde aux alentours pour nous renseigner (en français). Rien ne laisse supposer une hantise particulière, si ce n'est l'aspect habituel des vieux châteaux. Mais on sait bien aussi que tous les châteaux n'ont pas forcément leurs fantômes !

Or donc, nous restions dans l'expectative. Était-il utile de commencer à s'intéresser à un tel château, sur base d'autres mystères et de curiosités géographiques contestables alors que même son accès semblait aussi difficile que dénué de réel enjeu ? Il y avait de quoi douter. D'autant que peu, très peu de documentation à vrai dire, venait étayer le fait que le château soit digne de sa réputation.

C'est donc un peu à temps perdu que certains éléments du CERPI se sont mis à effectuer certaines recherches sur l'édifice, un peu par curiosité en évoquant le "on ne sait jamais"... Sans rien en dire au big boss, on connaît son caractère...

Sur le plan historique, ce qui ressort du Net se résume de la manière suivante, rigoureusement conforme au travers des divers sites visités, ce qui tend à prouver que l'histoire est bien immuable :

Le nom Beersel est mentionné pour la première fois en 847 (Bersalis). L'endroit appartenait à l'origine à la métairie de Rhode-Saint-Genèse. Parallèlement, les seigneurs de Beersel possédaient sur ces terres un alleu et un petit fief, dépendants de différents familles ancestrales. Le premier seigneur connu de Beersel fut Godefroid de Hellebeke, sénéchal du duché le Brabant, une fonction qui sera conservée par ses successeurs, les châtelains de Beersel. Il existait déjà une fortification aux alentours de 1312. (Et même dès le XIIème siècle d'après d'autres sources !) En 1391, Jean Ier de Witthem († 1404), sénéchal de la duchesse Jeanne de Brabant et de son conjoint Wenceslas de Luxembourg, obtint la reconnaissance de ses droits seigneuriaux sur Bruxelles et sa région. Avec l'aide d'une milice populaire bruxelloise, il réussit à s'emparer du château voisin de Gaasbeek, où les assassins de Evrard ‘t Serclaes s'étaient réfugiés. Sa progéniture restera sept générations durant (jusqu'à la fin du XVIème siècle) maître du château fort. Sous Henri III de Witthem, (arrière-petit-fils de Jean Ier) le château fut pris en 1489 par une troupe de Bruxellois en révolte contre Maximilien d'Autriche. Les furieux Bruxellois ont d'abord ravagé l'habitation urbaine de Henri à la rue Volders, et ont ensuite tiré à l'arme lourde vers le château de Beersel (ceci sous le commandement de Philippe de Clèves). La forteresse a été fructueusement défendue dans un premier temps par Henri, le fils de Philippe de Witthem. Mais lors d'une deuxième tentative, elle fut lourdement endommagée et la garnison dut se rendre. Le chef de celle-ci, le capitaine bourguignon Guillaume de Ramilly, a été lynché publiquement sur la grand-place de Bruxelles. Maximilien prit cependant sa revanche et assiégea Bruxelles qui dut capituler, épuisée par la peste. Les Bruxellois furent obligés de rebâtir, et la maison de Henri, et le château de Beersel. Le 26 mai 1491, Henri III de Witthem, fut institué seigneur du château de Beersel et nommé chevalier de la Toison d'Or; plus tard il fut fait chambellan de Charles-Quint. Il devint donc un des seigneurs les plus puissants de son temps. Il est décédé le 17 septembre 1515 et son fils Philippe le suivi rapidement († 1523). Le décès en 1591 de Philippe, le petit-fils de Jan II, marqua la disparition du dernier héritier mâle des de Witthem. Par le mariage de sa fille Ernestine, château et seigneurie aboutirent dans les mains des ducs d'Arenberg. Le château fut ensuite négligé jusqu'à la fin du XVIIIème siècle. Il fut utilisé, sous Guillaume Ier en 1818, comme usine de tissage de coton mais cette initiative connut peu de succès. Il fut ensuite détruit partiellement et puis abandonné comme ruine. Une restauration en profondeur de ce pur exemple de l'architecture militaire de la fin du moyen âge fut finalement réalisée vers la moitié du XXème siècle, ce qui le sauva de l'abandon.

Bon ! Voilà qui nous en disait un peu plus sur le château, sans que rien de vraiment intéressant ne se dégage dans l'optique du CERPI. On peut se faire une idée plus précise des lieux via une petite visite virtuelle proposée ici :
http://www.clubneptune.be/CHATEAU%20DE%20BEERSEL/beersel/visite/

Nous n'avions donc pas avancé d'un iota ou, si vous préférez (ce sera d'ailleurs plus pratique) d'un pas.

Il y a tout de même un point qui nous a fait tiquer : ce château qui paraît on ne peut plus abandonné, est mentionné comme accessible au public, avec numéro de téléphone, prix selon les âges, taverne-brasserie juste à côté, heures de visite, etc. La situation aurait-elle changé récemment ? (et donc très rapidement puisqu'on ne restaure quand même pas un château en quelques coups de cuiller à pot) Il y a donc là, sinon mystère du moins sujet à interrogations car on peut supposer que si restauration il y a eu, celle-ci a du être supervisée de manière pharaonique pour que l'aspect général change du tout au tout en seulement quelques mois. Mais laissons faire le facteur hasard : peut-être notre administrateur était-il arrivé sur les lieux précisément un jour de fermeture, en période de travaux. Bon ! C'est possible !

Quelques autres recherches nous confirment dans un premier temps que le château pourrait être hanté, mais nous mettons cela au conditionnel car la source est peu sûre. Passons immédiatement sur les récits, certes amusants, des aventures de Bob et Bobette, qui font état d'une mystérieuse main ou encore d'une chauve-souris monstrueuse, il ne s'agit que de BD et donc d'imagination. Cela mérite un clin d'oeil et un coup de chapeau à l'un des arts typiquement belges : la bande dessinée. Mais comme il ne s'agit pas des "histoires vraies de l'oncle Paul", auxquelles on aurait encore pu accorder un certain crédit en se disant que sur toute légende se base un fond de vérité, nous ne pouvions décidemment pas suivre le filon.

Un autre élément, plus troublant celui-là, est parvenu à nos oreilles : une photo très suspecte aurait été prise par un groupe de chercheurs similaire au nôtre, en 1939, aux abords immédiats du château. Et, en fait, lorsque l'on voit la photo (que nous incluons ici contre) on ne comprend pas bien... Certes, il s'agit bien du château de Beersel, reconnaissable notamment à son pont, on y voit bien des personnes au premier plan et celles-ci nous paraissent un peu étranges parce que nous sommes en 2008 (au moment où nous écrivons ces lignes) et que leur accoutrement nous paraît déphasé. Mais puisque la photo date de 1939, où est le lézard ?

Hé bien peut être réside t-il dans le fait qu'elle est supposée avoir été présentée au célèbre Harry Price (qui s'occupa notamment de la retentissante affaire du presbytère de Borley) et que celui-ci n'y décela aucun trucage. Nous nous frottons les yeux et tachons de comprendre ! Que la photo soit truquée ou non nous importe peu dans l'immédiat, nous partons du principe que si elle fut présentée à Price et que celui-ci se contenta de cette remarque, c'est que lui aussi a du comprendre... ce que nous ne comprenons pas ! Mais, bon Dieu, qu'y a-t-il à comprendre ?

La suite de l'histoire est que le château ne présenterait des manifestations fantomatiques que sous certaines conditions. Comprenons-nous ici : cela signifierait que, d'habitude il ne se passe rien au château de Beersel, sauf lorsque la population du pays vient a faire l'objet de menaces importantes (épidémies, guerre, conflits). Alors, et alors seulement, le château se distingue par des phénomènes très étranges. Hé bien ! Voilà qui ne va pas faciliter l'enquête ! Fort heureusement (si l'on peut dire !) la Belgique est un charmant pays dans lequel on ne s'ennuie pas ! Les conflits sont légions, les guerres toujours possibles et les épidémies ne manquent pas (grippe aviaire, grippe tout court, nous en passons pour faire court et si vous prétendez que c'est négligeable attendez-vous à subir le courroux de hordes d'agriculteurs et de bien d'autres représentants de la population belge ! Sans compter qu'à l'époque nous ne pensions forcément pas encore au Covid !)

Le plus curieux de l'affaire réside finalement dans nos recherches plus élaborées sur le sujet. Là, il a fallu faire de réels efforts pour trouver quelque chose de vraiment convaincant, mais nous ne sommes pas mécontents du résultat !

Or donc, il se fait que par les aléas familiaux (en considérant que l'oncle du grand-père de l'un était le cousin de la tante de la belle-soeur de... etc.) on trouve effectivement un lien parental indiscutable avec une famille seigneuriale qui subit, par actions interposées, des manifestations plus qu'étranges. Sauf que le parent en question résidait, lui, dans un autre château, beaucoup plus proche : celui d'Écaussinnes, tout proche de Soignies, lieu du siège du CERPI !

Du même coup, ce n'est plus un château que nous avions à nous mettre sous la dent, mais deux ! De surcroît, l'affaire pourrait assurer le transfert sur une autre coïncidence singulière déjà relatée dans nos pages, celle de l'abbaye de Cambron-Casteau et, dans ce cas, cela impliquerait (par alliance et par nature oserions-nous dire en regard de ce qui s'expose dans "l'Aventure fantastique") notre administrateur lui-même !

Nous reconnaîtrons bien volontiers que notre travail pose finalement plus de questions qu'il n'apporte de réponses. Mais finalement, le travail (qui ne nous était pas demandé !) consistait à établir, entendez : confirmer ou infirmer, qu'il était utile ou pas d'entamer une enquête sur ledit château. Nous croyons que la démonstration a été faite et laissons la décision au patron...

Au fait, juste un petit mot avant de nous quitter : l'auteur de Bob et Bobette (image Tintin ci-dessus), c'est Willy Vandersteen. Si ce nom ne vous dit rien, suivez donc le lien, cela en vaut largement la peine ! Pour la petite histoire, c'est le même nom que le défunt oncle de l'administrateur en question, mais celui-là, s'appelait Achille. Ça ne vous dit toujours rien ? OK ! Nous reverrons donc la question dans la section "fantômes"... Il y a aussi Simba.
Ah ! Le monde est petit...

L'avis du patron sur le château de Beersel

(article devenu provisoirement définitif)

J'aurais certainement mauvaise grâce de ne pas tenir compte du travail fort méritoire des enquêteurs qui se sont penchés à temps perdu sur le château de Beersel... Ils ont retrouvé des points que j'avais déjà remarqués et mis en évidence d'autres que j'ignorais ! Ainsi, il est vrai que cette ligne droite entre le château et le palais de justice de Bruxelles m'avait mis la puce à l'oreille. Après tout, il s'agit d'une rectiligne qui passe par Forest, une commune que j'affectionne pour y avoir habité longtemps et y avoir laissé pas mal de souvenirs et Forest était jadis une liaison importante avec la France. C'est aussi une localité riche en mystères, en légendes et faits troublants. Mais somme toute, c'est via le parc Duden que l'on peut établir un lien avec Léopold II. Peut-être ai-je tort de focaliser sur ce souverain qui marqua certes son pays d'une empreinte aussi majestueuse qu'étrange mais qui n'a pas forcément le monopole du paranormal.

Je ne peux évidemment que réagir favorablement aux recherches qui ramènent le sujet à quelques kilomètres seulement du siège du groupement et établit d'autres liens pour lesquels une finalité grandiose est très possible. Je sais bien sûr par expérience que le surnaturel et le paranormal se ramifient parfois très facilement dans les endroits les plus inattendus. Mais que des liens, même aussi lointains aient, en plus, un rapport avec ma famille, voilà qui m'interpelle ! (Et à l'époque, je ne pouvais pas savoir que j'allais habiter Écaussinnes !)

Que le château ait été abandonné et inaccessible il y a peu de temps ne me soucie guère. Lors d'un premier passage, comme signalé, des travaux de restauration étaient probablement en cours depuis déjà longtemps et sur le point de s'achever. Avec les moyens actuels, on fait beaucoup de choses sur seulement quelques mois ! En tout état de cause, il sera facile de s'assurer du changement puisqu'il suffit d'un simple coup de téléphone pour en obtenir confirmation. Si ce n'était guère possible en plein week-end de Pâques, hé bien cela pourra se régler dans le courant de la semaine...

Ma foi, une petite ballade en Brabant flamand, dans d'étroits couloirs et de sombres salles de tortures peut-être peuplés d'esprits ne serait pas pour me déplaire, il y a aussi un côté instructif pour les enfants et ce serait donc l'occasion de joindre l'utile à l'agréable. Cela se fera donc si la chose est matériellement possible (et dans le cas contraire, nous aurions un mystère de plus à éclaircir !)

Au sujet de la photo étrange prise aux abords du château, je ne suis pas de l'avis de Price et il me semble qu'il y a quelque chose qui cloche, je soupçonne le trucage pourtant grossier et ça m'étonne que le grand Harry n'y ait apparemment vu que du feu. Ne dirait-on pas qu'il y a eu superposition et collage ? Par ailleurs, on ne cache pas que la source est peu sûre. Il convient donc d'être méfiants. Par contre, l'autre volet de la pré enquête semble inattaquable.

Quoi qu'il en soit, on ne reviendra plus sur la question : le château fera donc bien l'objet d'une enquête officielle de la part du CERPI. Quant à vous dire quand, voilà une autre question car il y a déjà beaucoup de pain sur la planche. Une visite au château de Beersel se fit bel et bien, mais devrait désormais être complétée par une enquête sur le château d'Écaussinnes, à 100m du CERPI de 2024).

La visite du château de Beersel

Ce 2 août (2008), ma petite famille et moi-même, encore en vacances, avions décidé de joindre l'utile à l'agréable et de faire précéder la visite du Musée Royal de l'Afrique Centrale (Tervuren) de celle du château de Beersel, qui se trouvait sur notre route. J'avais précédemment consulté le site Internet relatif au château et il n'y avait aucun problème d'accès.

En arrivant sur les lieux, première bizarrerie : le GPS s'est complètement planté, il n'a pas trouvé le château ! N'y voyons toutefois aucun phénomène surnaturel, aucune interférence de l'au-delà car, tout simplement, l'adresse mentionnée dans le site est erronée. Plus exactement, il y a confusion entre la Lotsesteenweg (chaussée de Lot) et la Lotstraat (rue de Lot). Cela dit, il faut bien avouer que le château est peu visible de la route, caché par une double rangée d'arbres et que les personnes ou la société qui s'occupe des lieux ne fournit apparemment que peu d'efforts pour arranger les choses. Un grillage fermé donne tout à fait l'impression qu'il ne sera pas possible de visiter le château. Peut-être avons-nous ainsi été abusés lors de notre première visite ou bien s'agissait-il justement d'un jour de fermeture. Seul un timide panneau indique où se trouve la véritable entrée. Les abords du château ne sont guère engageants. Manifestement, on travaille à sa restauration et il en a bien besoin. Mais il est désolant de trouver les douves asséchées, des palettes qui traînent, des sacs de plastique, des caisses, des tuyaux, etc.

On pénètre très classiquement par un pont muni d'un pont-levis avant d'arriver dans un couloir sombre et étroit (avec mâchicoulis, porte bardée de fer, rainure à herse et différents postes de guet. On arrive ensuite dans la cour intérieure qui en dit long sur l'ensemble du château : celui-ci est très délabré (on y trouve des barrières interdisant l'accès à certains endroits pourtant potentiellement intéressants, oubliettes, passages secrets, salle des tortures, etc.), très dépouillé, nu, somme toute ce n'est qu'un ensemble de ruines vides, totalement vides. Certaines parties du bâtiment sont encore plus ou moins en bon état et témoignent du faste passé du château. Cela vaut le coup d'œil, mais cela fait un peu juste pour justifier une visite. Sauf si on aime l'escalade et les points de vue vertigineux...

Dès que l'on décide de passer aux étages, il convient de s'armer de prudence car les escaliers, raides et traîtres, vertigineux à souhait, sont de véritables "casse gueules" (escalier menant au tour de guet) d'autres sont pis encore (escalier en colimaçon) car les marches sont étroites, irrégulières, très pentues et ne présentent pas de rampes pour se tenir. De plus, certains passages obligent à évoluer quasiment en équilibristes. En d'autres endroits, les risques de chutes mortelles sont assez évidents et il fait bon de progresser avec lenteur et circonspection, d'inviter les enfants à tempérer leurs élans naturels et fougueux.

On traverse successivement plusieurs pièces qui n'offrent apparemment que peu d'intérêt (l'accompagnement d'un guide fournissant des commentaires aurait été apprécié), il n'y a pratiquement aucune inscription nulle part, aucun mobilier (il était de toute façon très limité à l'époque), aucun ornement, pas de tapisseries ni d'armes, bref : rien quoi ! On peut juste voir d'anciennes cheminées, ce qui constituait les toilettes de l'époque (mais non, pas les cheminées !), des barreaux aux fenêtres, quelques portes dont certaines (rares) tiennent encore, l'une ou l'autre dalle et puis c'est tout.

Au chapitre du surnaturel et des fantômes, les choses se limitent également à leur plus simple expression : aucun ressenti particulier quant à d'éventuelles présences ou entités, pas le moindre orbe sur aucune des photos, aucune réaction du pendule et, bien sûr, aucune manifestation particulière à se mettre sous la dent. C'est même ce qui en fait un point curieux car un tel endroit devrait receler nombre d'énergies résiduelles, des vestiges "énergétiques" des nombreuses âmes qui, en ces lieux, sont passées de vie à trépas, le plus souvent dans des circonstances tragiques. Ne dit-on pas que tout bon château qui se respecte possède son fantôme ? Or, sur ce plan du moins, tout semble étrangement clean et net, comme si on avait déjà "nettoyé" les lieux, qu'ils avaient déjà été exorcisés si l'on me permet l'expression. A la limite, c'est donc plutôt ça qui n'est pas très normal ici, mais avouons que cela fait bien peu de choses.

J'ai tout de même remarqué, lors de certaines prises de vue, que l'écran dénotait une sorte de colonne lumineuse mauve ou violette,un peu bizarre et en tous cas inhabituelle. Mais rien n'apparaît sur les photos elles-mêmes. Il m'est donc impossible de vous en fournir la preuve et, de toute manière, il peut s'agir d'un simple phénomène lumineux, une réverbération prismatique du soleil, etc. Je ne pourrai donc que rejoindre l'avis général précédemment émis, à savoir que si hantise il y a, celle-ci ne se manifeste qu'en certaines occasions particulières. En tout état de cause, vu la dangerosité des lieux, il est hors de question d'y revenir dans le cadre d'une enquête en règle avec plusieurs sensitifs, du matériel, etc. Je suis intimement persuadé que cela ne serait qu'une perte de temps et il serait vraiment casse-cou que d'y vouloir passer une nuit, lors d'une tempête ou d'un orage...

Notre visite s'est terminée par un passage à la taverne qui jouxte le château et puisque nous arrivions à l'heure de midi, nous avons décidé de nous y sustenter. Nous avons cru bon de prévenir les personnes qui seraient désireuses de venir sur nos traces : à moins de grosses améliorations peu probables ou de changement de personnel, il est préférable d'aller ailleurs (du moins était-ce le cas en 2008) ! Ce n'est pas que l'endroit soit désagréable, le restaurant est même plutôt charmant (avec un chevalier en armure qui trône au milieu du local, un décor rustique et chaud) ni que les prix soient prohibitifs - ils sont même assez démocratiques malgré le cadre assez chic. Mais le personnel devra impérativement revoir les cours de l'école hôtelière, les règles élémentaires de la politesse, de l'hygiène et même de la sécurité. Pour citer quelques anecdotes, une cliente a reçu une fenêtre sur le crâne, mais personne ne s'en est inquiété (à part nous bien évidemment). Lorsque nous en avons averti l'aubergiste, cela n'a pas semblé l'émouvoir outre mesure et il n'y a eu aucune excuse (Peut-être ce genre d'incidents est-il normal chez eux). De surcroît, la personne ne voyant aucun membre du personnel venir prendre sa commande, ni apporter la carte, s'est levée et a quitté les lieux. Pratiquement en même temps, une dame se plaignait d'un vin bouchonné. Nous avons dû corriger le tir lors du service, car le fiston, en cherchant bien, avait quelques spaghettis dans son assiette (malgré ses 14 ans, sa stature costaude et son mètre septante, il a reçu le menu junior qui aurait à peine satisfait son appétit en entrée !) La salade n'était pas correctement nettoyée et était surmontée d'un tout petit morceau de tomate, symbolique et flétrie. Le supplément de frites, proposé par le garçon lui-même, est arrivé largement après que nous ayons fini de manger. Inutile de dire que nous n'avons pas cru bon de prendre un dessert, mais plutôt la porte. En cliquant sur ce lien, vous obtiendrez un vaste diaporama de la visite du château de Beersel. Toutes ces photos ont été réalisées par nos soins, avec l'autorisation verbale de toutes les personnes sur place (si bien côté château que côté taverne) et sont sous copyright. Nos membres et correspondants peuvent s'en servir à usage exclusivement privé, toute publication strictement interdite.

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