Un poltergeist à
Amnéville ? (France)
"La maison d'Amnéville, en
France, présente toutes les caractéristiques d'un poltergeist", telle pourrait
être la voix que l'on entendrait - comme dans un remake d'une autre affaire bien
connue, dans un reportage télévisé traitant de phénomènes surprenants.
Comme on le dit aussi, le cordonnier est toujours le plus mal chaussé et le
CERPI n'a été avisé de cette affaire par aucun de ses correspondants et il en a
appris l'existence qu'un peu tard
Couple
attaqué par les objets de sa maison (le républicain-lorrain)
A aucun moment il n'a été question d'envoyer une délégation
du CERPI sur place, en dépit de l'intérêt apparent de l'affaire qui, par ses
côtés, présente quelques similitudes avec
l'affaire
d'Arc-Wattripont, bien que cette dernière ait été bien plus costaude,
bien plus spectaculaire, plus étendue dans le temps et qu'elle ait connu des
suites beaucoup plus consistantes. Nous n'avons d'ailleurs été mandatés par
personne et les intéressés ne semblent guère désirer que l'on s'occupe d'eux non
plus. Il est vrai que, comme on le sait, ce genre d'événements suscite souvent
des passions, mais aussi l'arrivée de charlatans de tout poil, de curieux, etc.
Nous ne pourrons donc qu'exprimer quelques remarques basées sur les images que
tout le monde a maintenant pu voir et
l'une de nos premières suggestions est de ne pas trop vite crier au
"poltergeist".
Parmi les similitudes évoquées plus haut, on remarque évidemment les bris
d'objets (A ce sujet, nous remarquons que, en plusieurs endroits, les meubles
concernés ont été "vidés" de leur contenu à hauteur d'enfant et non d'adulte. Il
ne s'agit que d'une indication, mais elle n'est pas sans importance).
Des objets lourds ont aussi été culbutés, un vitrage a aussi éclaté et,
peut-être plus curieux, il y a aussi des oiseaux chez ces gens (A
Arc-Wattripont, il y avait un mainate). Mais c'est une simple constatation.
Autres points de ressemblance : l'arrivée de la police et l'évocation d'une
scène de ménage. Plus intéressant, là aussi des policiers auraient été témoins
de la chute d'un poste de télévision récidiviste, apparemment sans intervention
humaine.
Le téléphone (ou parlophone ?) a également joué les
plagiaires sur son homologue de Frasnes-lez-Anvaing. Ici, c'est un fer à
repasser qui a peut-être été inspiré par son aérodynamisme pour imiter les F-16
de l'aviation. Mais les fers à repasser ne procèdent pas ainsi d'habitude, ça se
saurait, ça ne fait pas un pli.
Encore une constatation, pas anodine non plus, ces gens sont pieux ou en tous
cas croyants. On peut en effet remarquer au moins deux représentations divines
ou angéliques accrochées au mur, dont un grand tableau. A côté de tout cela, on
note la simplicité du témoin interviewé et son apparence de sincérité.
Nos conclusions ? Nous ne pouvons apporter aucune conclusion
sans enquête sur place. Mais, dans un premier temps nous rejoignions un peu
l'impression d'Yves
Lignon sur le sujet, à savoir que le cas présentait certains caractères
atypiques et notamment l'absence de crescendo et de signes précurseurs.
Toutefois, la présence d'un jeune enfant (12 ans) sur les lieux permet de
reconsidérer assez bien la question en raison de la théorie de la naughty little
girl".
Pour rappel, ce serait un enfant souvent pré pubère ou même
un adulte, en situation de tension ou situation conflictuelle qui générerait les
phénomènes, soit par fraude (directe ou secondaire) soit par l'intermédiaire de
la puissance de l'esprit sur la matière. On ne sait rien des rapports existants
entre cet enfant et les habitants ce qui souligne une fois de plus l'importance
de l'analyse contextuelle. Le fait que des policiers aient été témoins directs
d'une scène ahurissante et inexpliquée au moins exclut - en principe - la fraude
et donc...
Pour le reste, au chapitre des objections on note un volte-face d'un élu local
qui disait initialement avoir vu une lourde statue tomber mais se ravisant
ensuite pour s'avouer moins sûr de son affirmation un tantinet péremptoire.
Enfin, il semble aussi que l'on ait parlé d'une intervention de l'assurance dans
les dégâts occasionnés. Mais, à notre connaissance, les assurances ne couvrent
pas les phénomènes de poltergeist. Or donc, cela pourrait laisser supposer que
l'intervention de l'homme politique, éventuellement complice de la supercherie
dans sa trame, aurait pu appuyer l'authenticité exceptionnelle (mais
frauduleuse) de l'événement. Mais apparemment ce point ne tient plus guère, sauf
si les policiers sont également de mèche. Des policiers de mèche, cela nous
semble tiré par les cheveux.
Mais nous n'irons pas plus loin et ne les couperons donc pas en quatre !
Il y a eu un rebondissement à cette affaire
Pour reprendre une expression consacrée : "La nouvelle vient
de tomber sur nos téléscripteurs" : le cas d'Amnéville est un faux. C'est du
moins l'information que nous a transmis notre correspondant Georges.
Incroyable mais (apparemment) vrai, il semblerait que - dans le cas présent - la
maîtresse de maison ait été atteinte d'une crise d'hystérie et qu'elle aurait
tout saccagé chez elle, mettant ensuite les événements sur le compte d'un
prétendu poltergeist. C'est en tous cas ce qu'elle aurait avoué et ce pourquoi
elle devrait passer au tribunal.
Ses explications sont désarmantes. Un peu trop peut-être même
: dans sa crise de "folie" passagère, elle aurait eu son neveu de 12 ans pour
complice et aurait berné "consciencieusement" son entourage. Les fleurs volantes
(nous n'avons pas dit
maudites !), c'est elle qui les aurait lancées à la figure d'une voisine en
prenant bien soin de ne pas se faire remarquer. Il en irait donc de même en ce
qui concerne le fer à repasser aérien et les autres bibelots voyageurs, lesquels
n'auraient donc été animés d'aucune force inconnue.
Oui mais... qu'en est-il donc alors de ce téléviseur que les
policiers avaient eux-mêmes vus, de leurs yeux vus, se jeter en bas de la table
(pour la troisième fois si nos calculs sont bons) ? Dans ce cas, il fallait
admirer les talents du petit neveu, qui aurait bien joué le coup en mettant sa
petitesse à profit et en bénéficiant sans doute d'une distraction policière.
Voilà. Les choses sont dites : point de fantômes ni de
mystère, si l'on en croit Europe 1 et Le Républicain lorrain. Que la vérité se
situe d'un côté ou de l'autre, il nous appartient de la dire et c'est bien ce
que nous avons fait.
Que l'on nous permette cependant de nous poser quelques questions puisque ce
n'est pas encore interdit pour le moment. (quoi que !)
Quel est donc tout ce tapage autour de maisons soi-disant hantées et ces
versions si opposées, délivrées à peu de temps d'intervalle ? Nous n'allons pas
suggérer qu'il s'agirait de manœuvres médiatiques qui profiteraient honteusement
du fait que "le surnaturel ça fait vendre". Non !
Quoi que...
D'ailleurs, ne vous avions-nous pas dit de ne pas crier trop vite au poltergeist
? C'est que, bien entendu, soit on dispose d'arguments bien étoffés soit on
attend d'en disposer, et dans l'attente : on reste prudent. Or, ici, force est
de constater qu'aucune analyse contextuelle ne nous a été possible (ni délivrée,
et pour cause !) ni au moment "mystérieux", ni lors des aveux. C'est-à-dire que
l'on a bien dû se contenter de ce qui se disait dans la presse, sans jamais
disposer de détails précis. On ne connaît pas même le prénom du neveu, encore
moins son caractère, ni les motivations de cette dame (Chantal Hachette), ni
quoi que ce soit à propos du couple ou des rapports de voisinage, etc. Et on
nous dira facilement que cela ne nous regarde pas, c'est entendu.
Il n'empêche que, dans les deux cas, on nous a donc présenté
des cas "tout crus". Voilà : c'est livré, débrouillez-vous avec !
Donc, une fois de plus, la conséquence est la suivante : le petit peuple a
enregistré l'information d'un soi-disant poltergeist de plus, qui n'était qu'une
supercherie (oui : de plus !) Et qui est le dindon de la farce ? : les
parapsychologues qui auraient crié leurs grands dieux, car il est bien connu
qu'ils raconteraient n'importe quoi...
Que l'on nous comprenne cependant bien : notre intention n'est pas de nous faire
les avocats du diable. Mais sans doute serait-il parfois bon de prendre le
taureau par les cornes et de signaler aussi que le commandant Émile Tizané a
recensé de très nombreux cas dans lesquels la supercherie, pourtant avérée et
incontestable, ne permettait pas d'exclure les interventions dites occultes.
Autrement dit, il ne convient pas plus de considérer les
présents aveux comme discréditant automatiquement le paranormal. Ce genre de
précision équilibrerait peut-être alors objectivement l'information reçue par le
public qui - et comment en irait-il autrement ? - ne peut que traduire par :
"tout ça n'existe évidemment pas !". Une conclusion qui serait, nous le savons,
hâtive.
Pour ce qui est des faits bruts, nous commencerons par nous étonner de ce que
quelqu'un puisse ainsi massacrer toute sa décoration, en période de crise (Oh,
le jeu de mots !) en impliquant un mineur d'âge dans un jeu malsain dont on ne
comprend toujours pas les motivations. Mais soit ! L'hystérie est là, en
prétexte tout trouvé, une pathologie bien réelle que quelqu'un a jadis qualifiée
de typiquement féminine, ce qui nous amène à la remarque suivante : une fois de
plus, donc, des officiels en service se seraient montrés extrêmement naïfs et
probablement enclins à trop rapidement mettre les choses sur le compte du
surnaturel. De plus, ils auraient omis de suivre la traditionnelle
recommandation: "cherchez la femme"! Or il s'agit pourtant d'un grrrrand
classique...
Soit, ils ont pris leur travail par-dessus la jambe, ils ont été pris dans le
feu de l'action et, dieu merci : ils n'étaient pas une grosse dizaine et deux
corps de police n'étaient pas non plus mélangés ! Sur ce point, au moins, la
comparaison avec Arc-Wattripont s'arrête là, stoppée net en plein élan.
Mais au fait, comment a donc procédé le jeune homme ? Car cela ne semble
expliqué nulle part et, désolés, nous n'avons pas eu vent d'une reconstitution.
Certes nous savons que les jeunes gens sont particulièrement habiles à ce petit
jeu là et que "ceux qui prétendraient le contraire n'auraient certainement pas
d'enfants".
Car ce qui fait tiquer un peu, c'est l'explication du témoin qui indique une
télévision qui tombe vers le mur, c'est-à-dire finalement, d'après la narration
en question, du côté opposé où se trouvent les policiers. Dans ce cas, quel que
soit le fautif, il devait s'agir d'un mouvement de traction plutôt qu'une
poussée. En toute logique, cela aurait dû inciter les policiers à s'enquérir de
ce qui pouvait se passer de l'autre côté de la table et ces derniers ne devaient
pas ignorer que la prise de courant se trouve généralement à l'arrière de
l'appareil...
Apparemment, ce n'est pas ce qui s'est passé, sinon il aurait
fallu imaginer que le petit garçon serait tout simplement passé en dessous de la
table et se serait ensuite éclipsé le plus simplement du monde, sans être aperçu
par qui que ce soit, au nez et à la barbe des personnes présentes, dont des
policiers...
Autre possibilité : une fois son forfait commis, le petit diablotin, se serait
vite blotti dans l'encoignure du petit meuble-TV, ou déguisé en carpette en
dessous du meuble voisin, à moins bien sûr qu'il ait réussi à passer derrière le
papier peint. Et les policiers ont marché ! Tenez ! Dans pareil cas, on ne
s'étonnera plus de ce que tant de bandits continuent de courir les chemins et
que tout ce que les policiers parviennent à attraper, c'est la grippe !
Remarquez que l'on pourrait aussi prétendre que le témoin se serait mal exprimé
et aurait indiqué, lors du reportage, le sens contraire à celui de la chute.
Cependant, dans ce cas, cela aurait voulu dire que la télévision serait tombée
vers les policiers. C'était alors encore plus invraisemblable.
Chantal aurait aussi lancé les fleurs - en plastique - à la
figure de la voisine, venue prendre des photos. Là aussi, on est heureux pour
elle que la maîtresse de maison n'ait pas choisi le fer à repasser ! Cependant,
voilà encore une brave dame qui, peut-être pas habituée à ce qu'on lui lance des
fleurs, n'y a vu que du feu. Or donc, sous le coup de l'hystérie, les gens
deviennent de remarquables faussaires très habiles à se dissimuler. C'est-à-dire
donc qu'ils perdent complètement le contrôle de leurs actes mais en gardent
parfaitement une partie afin de servir leurs desseins. Tiens ! Comme l'être
humain est un animal bizarre, n'est-ce pas ? Comme cette normalité s'apparente
elle-même à l'étrange, ne dirait-on pas ?
A moins bien sûr que, en analysant les choses plus finement, on puisse faire
passer l'exploit de Chantal comme hybride de la raison et de la déraison ou
comme la manifestation d'un reliquat émotionnel s'exprimant sous la forme d'un
phénomène catalytique d'extériorisation dans un contexte dans lequel le plus
gros de la tension conflictuelle aurait été extériorisé de manière
traditionnelle. De cela, nous ne disposons d'aucune preuve. Il ne s'agit même
pas d'une hypothèse. Ce n'est qu'une idée en l'air. Mais comme ça, au moins y
a-t-il un "déplacement" aérien...
Nous nous étonnerons également que le témoin n'ait
strictement rien remarqué, ni dans le comportement de son épouse, ni dans celui
de son neveu, qu'il n'ait jamais fait le rapprochement entre les événements et
les positions respectives des personnes, qu'il n'ait pris aucun protagoniste en
flagrant délit, ni apparemment émis le moindre soupçon à l'égard de Chantal ou
du neveu alors que, lorsqu'on y pense, les "phénomènes" se sont produits au
cours de plusieurs heures avec une apogée en soirée.
Nous remarquons encore que les aveux de la maîtresse de maison s'accommodent mal
avec ce témoignage qui prétendait à un déplacement complexe du fer à repasser et
avec la force à déployer pour exploser le téléphone (ou parlophone).
Nous ne remettons rien en question, mais nous aimerions que l'on nous explique
et que l'on précise. Et dans tout cela, qu'advient-il de l'élu communal qui
avait vu choir une lourde statue ? Participait-il également à l'imposture ?
Celle-ci se trouvant à l'extérieur, aurait-il été à ce point surpris qu'il
n'aurait pas vu l'enfant, ou Chantal, qui était derrière ?
Il est vrai que l'on est souvent surpris de ce qui se trouve derrière les
apparences...
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