Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

Le dépeceur de Mons - réflexions


A la place Léopold , qui borde la gare (1), on se trouve au pied de Sainte Waudru, la patronne protectrice de la ville; à deux pas de là se situe le « b-effroi »; si on redescend par la rue de Nimy (en wallon, cela signifie « pas moi »), on passe devant le palais de justice de Mons (et le café du barreau, où exerça Monique, l'une des victimes présumées) avant d’arriver à la place Régnier au long Col, là où se dresse l’hôtel du Lido, un établissement où l’une des victimes loua une chambre, alors qu'elle disposait de la sienne propre (2).
Un très court trajet permet de rallier l’hôpital Saint-Joseph (que certains surnomment « le patron des cocus »…)
Si l’on remonte de cet hôpital vers la grand’ place, on est obligé d’emprunter la rue d’Havré (localité où l’on a retrouvé les restes d’un cadavre), si l’on part dans l’autre sens (soit vers Binche), on se dirige alors vers Hyon, où l’on a fait le même genre de découverte macabre.
A noter aussi qu’en cet endroit, nous sommes à deux pas du boulevard XXX où le réputé docteur Jacques X avait pignon sur rue. Si l’on veut poursuivre dans les coïncidences topographiques et les jeux de mots, disons encore que ce même boulevard n’est séparé du milieu criminel de la place Léopold que par le boulevard Gendebien (« gens de bien ») et qu’une petite marche de cinq minutes à peine suffirait pour rejoindre le chemin de l’inquiétude, endroit où furent retrouvés des restes macabres, humains - ou bien, en se dirigeant dans l'autre sens - le domicile d'un suspect majeur.

On ne peut naturellement fonder aucune accusation sur de tels éléments, bien insuffisants que pour constituer des preuves concrètes. Mais si l’on poursuit le raisonnement, on s’aperçoit que les rapprochements possibles sont légions. En effet, au chemin de l’inquiétude, si l’on emprunte une voie de traverse qui se présente comme un chemin de halage, on aboutit à l’endroit où se trouvait jadis l’hôpital de Pont-Canal, dont il ne subsiste plus que le fantôme, il ne s’y trouve plus qu’un îlot résidentiel où se trouve le café de l’écluse (où exerça ladite Monique, pour rappel l'une des victimes présumées, décédée dans des circonstances plus que louches comme nous le verrons plus loin). De très anciennes photos démontrent que cet hôpital et son hospice pour vieillards étaient bordés par le canal Mons-Condé sur Escaut (où l’on retrouva encore une victime !) Son lit en a été détourné et laisse désormais passer la Haine, laquelle coule paisiblement en passant par Cuesmes (que l'on peut traduire phonétiquement par "cul aime", avant de se diriger vers Hornu. Cette dernière localité ne manquera pas non plus d’éveiller l’attention puisqu’elle peut s’entendre « Hors nu », permettre l’allusion à « corps nu », que l’on peut encore comprendre « Cornu », le surnom du diable ! Mais c’est aussi là que se trouvent l’un des hôpitaux où a travaillé le docteur Jacques A, une décharge très polluée et un ancien abattoir qui fut décrit comme une véritable porcherie. Les hôpitaux de Pont-canal, de Saint-Joseph, du Grand-Hornu et de Warquignies (oui, rappelez-vous que le même docteur a encore travaillé dans ce dernier établissement !) ont fusionné en 1995.

Les coïncidences vont beaucoup plus loin encore : le centre médical de Boussu, situé avenue François Dorzée, où travaillait le docteur, a sa façade qui donne très précisément sur un calvaire traditionnel dans lequel figurent notamment Marie et Saint-Joseph. Si l’on suit la rue du calvaire se trouvant derrière ce dernier, il suffira de prendre à gauche pour arriver aux établissements « Baise » à la rue Bonaventure. On remarquera aussi que les lieux sont bordés par le chemin de fer et la rivière au nom douteux, un autre grand point commun.

Le Borinage (3), dont font partie les localités de Jemappes, Quaregnon, Hornu, Boussu, Warquignies, Cuesmes et d’autres encore, était jadis « en guerre » contre la ville de Mons. Les Borains considéraient les montois comme des paresseux, tandis que les habitants de la cité du dragon voyaient les Borains comme des simplets et le Borinage comme un parc zoologique ! Il s’en suivit une terrible fusillade qui ponctua d’énormes mouvements de grève. Morts et blessés furent transportés au chemin de l’inquiétude. La fusillade avait été amenée par le bourgmestre Sainctelette, un ancien docteur en droit. Cela se passait le 17 avril 1893, soit exactement 100 ans avant le début des activités du dépeceur. Le mois d’avril est d’ailleurs très bien représenté dans l’historique de ses méfaits et au cours de ces échauffourées, des femmes seules furent également agressées. A un jour près, l’une des découvertes macabres correspond très exactement à la fameuse fusillade de Jemappes.

Tout ceci n’amène aucune identification du dépeceur de Mons, mais force est de constater que s’il ne s’agit pas là de l’intervention d’un être diabolique, il s’agit en tous cas de coïncidences réellement hors du commun, dont le nombre surprend à un point tel qu’on hésite désormais à l’attribuer au seul hasard.

L’ensemble de ces constatations provient de mes seules recherches mais le plus curieux réside sans doute dans le fait que ce sont bien souvent des passants qui sont venus spontanément m’expliquer cela, alors que je ne leur avais rien demandé ! Je ne les connaissais même pas ! Comme s’il avait été indiqué « enquêteur dépeceur de Mons » sur mon front, ils abordaient eux-mêmes les points que je soupçonnais pouvoir être en rapport avec l’affaire.

Il existe une occurrence qui ne peut en aucun cas être passée sous silence, celui de ce vieux monsieur qui, le plus naturellement du monde, m’avait adressé la parole dans un bus qui circulait avenue de Jemappes à Mons, comme s’il me connaissait de longue date. Peut-être confondait-il avec une autre personne. Il me fit part de la joyeuse ambiance qui régnait dans le coin lorsqu’il était jeune. Mais il y ajouta un fait particulièrement curieux : la gérante du café de l’écluse, Monique Lux (laquelle avait également tenu le café du barreau, juste en face du Palais de Justice de Mons, avait été retrouvée morte, rouée de coups, dans la rivière. Elle n’était pas morte noyée, quelqu’un l’avait bien aidée à passer de vie à trépas. Au moment où il me racontait les faits, il pouvait pointer du doigt le café en question. A deux pas de Pont-canal…
Un article de « La dernière heure », daté de 23 avril 2003, confirme les faits et les détails. Il relate également l’incompréhension totale des habitués du lieu. Pour illustrer tout le mystère entourant l’abomination, le journal cite un témoin :
«J'ai vraiment été choqué lorsque l'on m'a appris ce décès ce matin. Monique gérait ce café en toute transparence, sans qu’il y ait jamais de problème. Elle ne s'étendait pas sur sa vie privée et l'annonce de cette mort nous plonge sous le choc. Je ne comprends pas ce qui a pu se passer. On la voyait un peu moins depuis un mois, mais comment expliquer ce geste ?»
La cellule Corpus ne semble pas avoir établi de rapport entre ces faits et ceux commis par le dépeceur, pourtant l’article indique encore que le client était un habitué du café, qu’il se prénommait Jacques, nous étions à Pont-canal, au mois d’avril, en 2003 !
Notre médium ne s’était donc probablement pas trompé, il y avait bien 6 victimes !

A en juger par les documents en notre possession, il est fort possible que le dépeceur ait commis bien plus de crimes que ceux qui lui ont été attribués par la cellule Corpus. D’autres meurtres lui sont sans doute imputables, à lui ou à un complice et donc éventuellement avec un modus operandi différent. Il y a cependant certains points qui choquent dans toute cette affaire et le lecteur attentif n’aura pas manqué de le remarquer : on peut admettre la masculinisation du dépeceur bien que l’on ne connaisse pas le coupable, mais rares sont les écrits qui évoquent seulement la possibilité qu’il y ait eu deux agresseurs et que ceux-ci n’étaient pas forcément du même sexe. La cellule Corpus n’a pas mis la piste de Monique Lux en rapport avec celle du dépeceur. Pour elle, il s’agissait plus vraisemblablement d’un suicide dû à un état dépressif, la prise de médicaments. Elle ajoute qu’elle se serait jetée dans la Haine à partir d’un pont situé près de Saint-Ghislain.
Analysons donc cela ensemble : pourquoi se jetterait-elle dans cette rivière à partir de Saint-Ghislain alors que ses eaux coulent devant son établissement ? Les statistiques révèlent que la mort par noyade survient dans une minorité des cas pour cette tranche d’âge par rapport au nombre total de noyades. L’autopsie a révélé qu’elle n’était pas morte de cette manière : il n’y avait pas d’eau dans ses poumons. Elle était donc morte avant de tomber à l’eau. Si l’on désire mettre un terme à ses jours, va-t-on pour cela s’asséner des coups et essayer ensuite de s’étrangler soi-même ? Car Monique Lux (4) présentait aussi des traces de strangulation ! Il ne paraît que trop évident qu’une tierce personne soit intervenue. Si j’ose dire, c’est l’hypothèse d’un suicide qui tombe à l’eau. En tous cas, cette affaire n’est pas limpide et semble baignée de haine. Une haine qui flanquerait la trouille.
Le profile du dépeceur le situe volontiers dans le corps médical, ce que l’on n’a aucun mal à admettre. Les enquêteurs voient en Jacques A, docteur à l’excellente réputation, le suspect le plus probable, mais il s’agit d’une fausse piste. Pourtant, l’enquête passe par quantité d’établissements hospitaliers de la région où il a exercé, avec récurrence dans le cas de Pont-canal, ce que dévoile aussi notre médium. L’épouse du docteur honorable le décrit comme très attentionné et la couvrant d’attentions. Même ses collègues tombent des nues, le disant d’ordinaire si gentil. Pourtant, il harcèle une jeune esthéticienne de ses assiduités sur son lieu de travail. Il commet d’autres méfaits et on lui découvre une passion pour les armes à feu. Il est aussi dénoncé par son propre fils. Mais dans ce cas, outre certaines inadéquations on évoquera des désordres psychologiques. Que dire donc des quatre victimes du dépeceur qui ont été internées en établissement psychiatrique ?
Donc, notre diable de dépeceur, émule de Jack l’Éventreur, peut-être un second docteur Jekyll ou tueur du Zodiaque, a commencé à sévir au moment où éclatait l’affaire d’Arc-Wattripont. Il était contemporain de Dutroux et de Fourniret et la cessation de ses activités semble correspondre avec le procès d’Andras Pandy. Ce pasteur hongrois avait assassiné six membres de sa propre famille avec la complicité de sa fille ! On n’a jamais pu retrouver aucun des corps de ses victimes, découpées dit-on à la scie à métaux et dissoutes dans de l’acide, par contre on a retrouvé des ossements appartenant à d’autres personnes dans sa cave. Par la même occasion, on a aussi découvert chez lui des caches contenant des armes à feu.

(1) La gare de Mons, comme la plupart des gares de villes plus ou moins importantes, est un lieu hautement criminogène, en relation avec le milieu de la prostitution (et de la drogue). Il permet de nombreuses possibilités de déplacements rapides passant par les lieux de prédilection qui ont été cités, non seulement grâce aux trains mais aussi aux bus qui y ont tous leur terminus. Il était donc facile d'incriminer hâtivement l'un de ses chauffeurs (de manière alors indirecte car on voit mal comment ce dernier aurait procédé alors qu'il était dans l'exercice de ses fonctions !) Par contre, pour l'anecdote, ayant moi-même été chauffeur de bus à Mons (mais ultérieurement aux faits), j'ai pu constater que le frère de l'un des contrôleurs-qualité n'était autre que l'un des policiers ayant retrouvé des restes macabres. J'en taisais bien sûr le nom jusqu'ici mais il a été cité dans certaines vidéos et donc je peux me permettre de le citer, il s'agit d'Olivier Motte.
(2) Prostituée, la victime louait probablement une chambre en cet hôtel afin d'exercer ses activités sans décliner son adresse officielle pour s'éviter des ennuis.
(3) Le Borinage est une bien belle région, hélas réputée pour sa criminalité. Elle aurait en effet hébergé l'un au moins des tueurs du Brabant de sinistre mémoire, mais aussi une bande de truands que redouteraient même les policiers !
(4) Un nom et un prénom qui, sauf le respect que nous devons à la victime, devait inspirer le dépeceur friand de jeux de mots salaces, ou opportunistes. Devons-nous vraiment expliquer que la deuxième et troisième syllabe du prénom est à mettre en relation avec les rapports sexuels ? Faut-il vraiment que nous ajoutions que Lux (qui signifie aussi lumière en latin),est également le début du mot "luxure", l'un des sept péchés capitaux ?

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