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Le dépeceur de Mons - réflexionsA la place Léopold , qui borde la gare (1), on
se trouve au pied de Sainte Waudru, la patronne protectrice de la ville; à deux
pas de là se situe le « b-effroi »; si on redescend par la rue de Nimy
(en wallon, cela signifie « pas moi »), on passe devant le palais de justice
de Mons (et le café du barreau, où exerça Monique, l'une des victimes
présumées) avant d’arriver à la place Régnier au long Col, là où se dresse
l’hôtel du Lido, un établissement où l’une des victimes loua une chambre,
alors qu'elle disposait de la sienne propre (2). On ne peut naturellement fonder aucune accusation sur de tels éléments, bien insuffisants que pour constituer des preuves concrètes. Mais si l’on poursuit le raisonnement, on s’aperçoit que les rapprochements possibles sont légions. En effet, au chemin de l’inquiétude, si l’on emprunte une voie de traverse qui se présente comme un chemin de halage, on aboutit à l’endroit où se trouvait jadis l’hôpital de Pont-Canal, dont il ne subsiste plus que le fantôme, il ne s’y trouve plus qu’un îlot résidentiel où se trouve le café de l’écluse (où exerça ladite Monique, pour rappel l'une des victimes présumées, décédée dans des circonstances plus que louches comme nous le verrons plus loin). De très anciennes photos démontrent que cet hôpital et son hospice pour vieillards étaient bordés par le canal Mons-Condé sur Escaut (où l’on retrouva encore une victime !) Son lit en a été détourné et laisse désormais passer la Haine, laquelle coule paisiblement en passant par Cuesmes (que l'on peut traduire phonétiquement par "cul aime", avant de se diriger vers Hornu. Cette dernière localité ne manquera pas non plus d’éveiller l’attention puisqu’elle peut s’entendre « Hors nu », permettre l’allusion à « corps nu », que l’on peut encore comprendre « Cornu », le surnom du diable ! Mais c’est aussi là que se trouvent l’un des hôpitaux où a travaillé le docteur Jacques A, une décharge très polluée et un ancien abattoir qui fut décrit comme une véritable porcherie. Les hôpitaux de Pont-canal, de Saint-Joseph, du Grand-Hornu et de Warquignies (oui, rappelez-vous que le même docteur a encore travaillé dans ce dernier établissement !) ont fusionné en 1995. Les coïncidences vont beaucoup plus loin encore : le centre médical de Boussu, situé avenue François Dorzée, où travaillait le docteur, a sa façade qui donne très précisément sur un calvaire traditionnel dans lequel figurent notamment Marie et Saint-Joseph. Si l’on suit la rue du calvaire se trouvant derrière ce dernier, il suffira de prendre à gauche pour arriver aux établissements « Baise » à la rue Bonaventure. On remarquera aussi que les lieux sont bordés par le chemin de fer et la rivière au nom douteux, un autre grand point commun. Le Borinage (3), dont font partie les localités de Jemappes, Quaregnon, Hornu, Boussu, Warquignies, Cuesmes et d’autres encore, était jadis « en guerre » contre la ville de Mons. Les Borains considéraient les montois comme des paresseux, tandis que les habitants de la cité du dragon voyaient les Borains comme des simplets et le Borinage comme un parc zoologique ! Il s’en suivit une terrible fusillade qui ponctua d’énormes mouvements de grève. Morts et blessés furent transportés au chemin de l’inquiétude. La fusillade avait été amenée par le bourgmestre Sainctelette, un ancien docteur en droit. Cela se passait le 17 avril 1893, soit exactement 100 ans avant le début des activités du dépeceur. Le mois d’avril est d’ailleurs très bien représenté dans l’historique de ses méfaits et au cours de ces échauffourées, des femmes seules furent également agressées. A un jour près, l’une des découvertes macabres correspond très exactement à la fameuse fusillade de Jemappes. Tout ceci n’amène aucune identification du dépeceur de Mons, mais force est de constater que s’il ne s’agit pas là de l’intervention d’un être diabolique, il s’agit en tous cas de coïncidences réellement hors du commun, dont le nombre surprend à un point tel qu’on hésite désormais à l’attribuer au seul hasard. L’ensemble de ces constatations provient de mes seules recherches mais le plus curieux réside sans doute dans le fait que ce sont bien souvent des passants qui sont venus spontanément m’expliquer cela, alors que je ne leur avais rien demandé ! Je ne les connaissais même pas ! Comme s’il avait été indiqué « enquêteur dépeceur de Mons » sur mon front, ils abordaient eux-mêmes les points que je soupçonnais pouvoir être en rapport avec l’affaire. Il existe une occurrence qui ne peut en aucun cas être passée
sous silence, celui de ce vieux monsieur qui, le plus naturellement du monde,
m’avait adressé la parole dans un bus qui circulait avenue de Jemappes à Mons,
comme s’il me connaissait de longue date. Peut-être confondait-il avec une autre
personne. Il me fit part de la joyeuse ambiance qui régnait dans le coin
lorsqu’il était jeune. Mais il y ajouta un fait particulièrement curieux : la
gérante du café de l’écluse, Monique Lux (laquelle avait également tenu le café
du barreau, juste en face du Palais de Justice de Mons, avait été retrouvée
morte, rouée de coups, dans la rivière. Elle n’était pas morte noyée, quelqu’un
l’avait bien aidée à passer de vie à trépas. Au moment où il me racontait les
faits, il pouvait pointer du doigt le café en question. A deux pas de
Pont-canal… A en juger par les documents en notre possession, il est fort
possible que le dépeceur ait commis bien plus de crimes que ceux qui lui ont été
attribués par la cellule Corpus. D’autres meurtres lui sont sans doute
imputables, à lui ou à un complice et donc éventuellement avec un modus operandi
différent. Il y a cependant certains points qui choquent dans toute cette
affaire et le lecteur attentif n’aura pas manqué de le remarquer : on peut
admettre la masculinisation du dépeceur bien que l’on ne connaisse pas le
coupable, mais rares sont les écrits qui évoquent seulement la possibilité qu’il
y ait eu deux agresseurs et que ceux-ci n’étaient pas forcément du même sexe. La
cellule Corpus n’a pas mis la piste de Monique Lux en rapport avec celle du
dépeceur. Pour elle, il s’agissait plus vraisemblablement d’un suicide dû à un
état dépressif, la prise de médicaments. Elle ajoute qu’elle se serait jetée
dans la Haine à partir d’un pont situé près de Saint-Ghislain. (1) La gare de Mons, comme la plupart des gares de villes
plus ou moins importantes, est un lieu hautement criminogène, en relation avec
le milieu de la prostitution (et de la drogue). Il permet de nombreuses
possibilités de déplacements rapides passant par les lieux de prédilection qui
ont été cités, non seulement grâce aux trains mais aussi aux bus qui y ont tous
leur terminus. Il était donc facile d'incriminer hâtivement l'un de ses
chauffeurs (de manière alors indirecte car on voit mal comment ce dernier aurait
procédé alors qu'il était dans l'exercice de ses fonctions !) Par contre, pour
l'anecdote, ayant moi-même été chauffeur de bus à Mons (mais ultérieurement aux
faits), j'ai pu constater que le frère de l'un des contrôleurs-qualité n'était
autre que l'un des policiers ayant retrouvé des restes macabres. J'en taisais
bien sûr le nom jusqu'ici mais il a été cité dans certaines vidéos et donc je
peux me permettre de le citer, il s'agit d'Olivier Motte. SOMMAIRE - ACCUEIL - HAUT - PRÉCÉDENTE |